Le retour de Romero

Ricky Romero

Ricky Romero

Après être resté en Floride lorsque le reste de l’équipe est parti pour la saison régulière, Romero a passé du temps à Dunedin à reconstruire sa motion sur le monticule. Beaucoup de pratique, de matches simulés, et un vrai match (dans le niveau A, quand même), et il semble qu’il soit prêt à remonter sur le monticule du Rogers Centre (ou un autre stade des majeures). Il va remplacer Josh Johnson, qui est placé sur la liste des blessés de 15 jours puisqu’il est toujours incommodé par un malaise au bras.

Romero, on le rappelle, était assuré d’un poste dans la rotation pendant tout le camp d’entraînement malgré ses contre-performances, mais a vu son statut changer à la dernière minute, tant et si bien qu’il avait déjà loué un condo à Toronto pour la saison et sa voiture était en route pour la capitale ontarienne. Lui qui a connu une saison 2012 de misère après avoir connu beaucoup de succès les deux saisons prédédentes, la démotion a été dûre à avaler.

On lui souhaite beaucoup de succès. Autant pour lui que pour nous tous.

Avril: 10-17

R.A. Dickey

R.A. Dickey

Les Blue Jays ont fermé les livres sur un mois d’avril franchement mauvais avec une victoire sur les Red Sox, une partie qu’ils menaient et ont échappé en cours de route pour finalement la rattraper in extremis. Point de vue rattrapage, avec une fiche pareille (10 victoires et 17 défaites), ça va en prendre tout un pour faire les séries. Pas que ce ne soit pas possible, mais il y a une limite à la profondeur du trou qu’on peut creuser pour espérer en ressortir triomphant. Ça commence à être déjà pas mal creux. Les Jays aurait besoin de jouer pour .600 le reste de la saison. C’est toute une commande, mais ça se fait.

Ce qui est le plus frustrant ici est de voir une équipe avec des joueurs au talent indéniable jouer avec aussi peu de maîtrise des fondamentaux. Les erreurs fusent en défensive et sur les sentiers et les présences au bâton de plusieurs inspirent les pires sentiments. Je ne pars pas souvent avant la fin d’une partie de baseball, croyez-moi, mais c’est déjà arrivé trois fois cette saison, y compris hier quand les Jays sont redevenus une citrouille avec une défaite sans équivoque de 10 à 1.

Les joueurs ont eu une réunion ensemble à huis clos (d’abord rapportée à la demande de Mark DeRosa, puis supposément à la demande de DeRosa ET Bautista) pour faire sortir le méchant. DeRosa parlait surtout d’une attitude négative, du genre où tout le monde attend l’erreur qui va les couler pendant une partie, lorsqu’on se met une montagne de pression sur les épaules et qu’on essaie d’en faire trop, ou qu’on abandonne bien avant qu’il ne soit trop tard pour renverser la vapeur. DeRosa parlait de l’attitude au camp d’entraînement, ou tout le monde avec du ressort dans le talon. Les joueurs tentaient de retrouver cette confiance en eux, cette attitude optimiste. Ça n’a pas duré longtemps.

Je ne m’ennuie pas souvent au baseball. Que ce soit les Expos ou les Jays, ou lorsque je vais ailleurs où je n’ai pas de favori, je trouve toujours mon parti lorsque je vais au baseball, mais la mollesse avec laquelle les Jays luttent dans le moment, les erreurs élémentaires qui coûtent des matches, surtout lorsqu’ils sont serrés, me dépriment sans borne. Je continue de croire que le vent va tourner, mais je commence à me demander quand, et si ce sera trop tard. La perte de Jose Reyes si tôt dans la saison, surtout compte-tenu de son départ canon, a fait beaucoup plus mal qu’on s’y attendait. Avec tout le talent de cette équipe, on se demande où tout le monde est passé. Hier, je regardais l’alignement partant des Jays sur l’écran géant, et pas un joueur des Jays avait une moyenne au bâton de plus de .250, et rares étaient ceux qui avait une noyenne de présence sur les sentiers au nord de .300.

Vivement un pied au cul avant qu’on perde la saison.

Encore et encore

Kawasaki, Izturis et Lawrie se réchauffent avant la partie le 21 avril

Kawasaki, Izturis et Lawrie se réchauffent avant la partie le 21 avril

Oui, le titre fait référence à Francis Cabrel. Tu me demandes c’est qui Francis Cabrel? Ça veut dire que t’es assez jeune pour aller voir sur Google.

Je sais (et vous savez) que c’est une longue saison, qu’il reste 139 matches à jouer au moment où j’écris ces lignes, que l’équipe championne de 1993 est passée par là (juste plus tard dans la saison), mais c’est difficile présentement de ne pas sacrer un peu en regardant les Jays.

Ça fait dur de voir Colby Rasmus enregistrer un retrait sur des prises près de la moitié de ses présences au bâton (33 fois sur 77 présences à date). Ou Arencibia (34 fois en 84 présences). Et si vous me dites qu’il est le meneur pour les coups de circuit dans l’Américaine et que ça compense, ça ne durera pas (mais vous avez raison, il en a 8, ce qui le place premier à égalité avec Chris Davis de Baltimore, et un devant Robinson Cano et Mark Reynolds). Un retrait au bâton, ça ne fait avancer personne sur les sentiers, soit dit en passant (celui qui veut avancer la possibilité d’une balle passée serait avenu de rester silencieux).

Ça fait aussi dur de voir des jeux en défensive qui vont de passables à passablement horribles. Les Blue Jays sont premiers dans l’Américaine avec 16 erreurs, et derniers pour les double jeux avec 14. Si vous voulez plus de preuves que le monde est à l’envers, Houston est premier en double jeux avec 28. Sérieux. Fort heureusement, le retour de Lawrie nous dispense de voir la statue de plâtre (DeRosa) jouer cette position sur une base régulière, ce qui n’aidait pas, et Kawasaki est aussi un baume à l’arrêt-court.

Parlant de monde à l’envers, un des contributeurs remarquables en offensive est Adam Lind, avec une moyenne de présence sur les sentiers de .396 et 11 buts sur balles et seulement 4 retraits au bâton. Avec une moyenne de .244, on s’entend que la plupart des balles qu’il frappe ne trouve pas de gazon où tomber, mais il se ramasse sur les sentiers 2 fois sur 5. Ce n’est pas rien.

Je persiste à dire que nous allons voir cliquer l’équipe dans un avenir rapproché, mais l’attente est pénible. Et c’est encore plus pénible d’avoir à endurer les personnes qui ne suivent pas le baseball qui te glissent : « Me semblait que les Blue Jays étaient supposés être bons cette année. » Qu’est-ce que tu voulais exactement, une garantie?

Ballottage Idol

Plusieurs commentateurs dans le baseball majeur ont parlé cette semaine de la stratégie plus ou moins éthique (selon eux) d’utilisation par le directeur-gérant des Jays Alex Anthopoulos du « waiver wire », ou ballottage. Alex est allé au puits plusieurs fois depuis le début de la saison (encore un record pour les Jays) pour y ramasser des joueurs qu’il, plus souvent qu’autrement, file en douce à Buffalo (AAA) (le dernier en lice étant Gonzalez, si je ne m’abuse, et le petit dernier et revenant Aaron Laffey risque de connaître le même sort). Les commentateurs en question soumettent qu’une réclamation au ballottage est supposée aider un joueur à se trouver une place sur un alignement majeur après avoir été retranché de l’alignement de son équipe d’origine afin d’éviter d’aller dans les mineures. Anthopoulos a réclamé plusieurs joueurs (des lanceurs surtout) pour meubler l’alignement de sa filiale AAA.

Les commentateurs déplorent également que le jeu des soumissions et réclamations privent certains joueurs de temps sur le terrain. Ils utilisent l’exemple de Casper Wells, qui n’a pas encore joué dans les majeures cette saison malgré une moyenne au bâton en carrière de .245 (en fait, depuis son passage chez les Athletics d’Oakland plus tôt cette semaine, il a enregistré deux présences au bâton) et une défensive honnête. Retranché en début de saison par Seattle, Wells a dû attendre les 10 jours du processus d’allocation, puis sa soumission au ballotage, pour ensuite être réclamé par les Jays qui l’ont habillé et mis sur le banc pour trois parties, et l’ont retranché à leur tour, leur donnant 10 jours pour décider de son sort (ballotage, échange, tentative de renvoi dans les mineures). Le dernier jour de cette période a vu Wells être échangé aux A’s contre une compensation monétaire.

La réplique est venue de la bouche des agents (en fait, d’un en particulier qui travaille pour un des joueurs que les Jays ont réclamé au ballotage et que MLBTR a gardé anonyme) qui ont indiqué que les Jays ont été très honnêtes avec les joueurs, leur expliquant la situation les gardant au courant des plans de l’équipe, et que les joueurs comprennent en général comment la « business » fonctionne et n’en veulent pas aux Jays ou aux autres équipes pour ce traitement. Donc, affaire classée.

Ailleurs dans la ligue

Quiconque a regardé les séries de baseball en 2012 sera probablement surpris d’apprendre que les Tigers ont replacé Villaverde au poste de « closer » à Detroit. L’expérience Rondon s’est révélée désastreuse, les autres releveurs n’ont pas pu faire le travail par comité, alors Villaverde est de retour. On espère qu’il aura trouvé un peu d’humilité et qu’il va nous crisser patience avec son show de crachage d’eau lorsqu’il fait son entrée dans la partie.

Les Jays ne sont pas les seuls qui étaient promis à une saison éclatante au printemps, mais qui laissent à désirer an avril. Les Nats à Washington font dur, et les Angels à Anaheim encore plus dur. Et à Anaheim, avec les blessures à leur rotation déjà chancelante, il y a raison d’être inquiet pour le reste. À Washington (ou à Toronto), ce n’est pas vraiment le cas.

Parlant de promesse, les Yankees défient toutes les attentes, avec un alignement de pré-retraités qui ont des débuts de saison étincelants (Vernon Wells, Lyle Overbay, Kevin Youkilis, Jayson Nix, Ichiro Suzuki, et la liste continue). Ça m’emmerde un peu, je dois l’avouer. Mais j’ai des billets pour le 18 mai (les visiteurs sont les Jays) à New York. J’imagine que je ne peux pas me plaindre trop fort.

Après avoir perdu Zack Greinke et Chris Capuano, les Dodgers doivent maintenant se passer de Chad Billingsley qui manquera le reste de la saison pour subir une chirurgie Tommy John, ce qui le mettra sur le carreau au moins 12 mois. Y’en aura pas de facile…

Les options au poste d’arrêt-court

Tyler Pastornicky (Source: IMG Academy)

Tyler Pastornicky (Source: IMG Academy)

Nous sommes maintenant près d’une semaine dans l’ère post-Reyes (ou pré-Reyes, si vous préférez compter les jours qui restent avant son retour), et jusqu’à maintenant, l’ex-Mariners de Seattle Munenori Kawasaki s’en tire assez bien au poste d’arrêt-court. On lui demande simplement de s’acquitter de la défensive à ce poste à un niveau des ligues majeures et ce qui vient en offensive, quoique ce soit, est un bonus. Il a déjà offert quelques bonnes contributions à cet égard, et c’est tant mieux. Et il est aussi devenu un favori du public en très peu de temps.

Ceci dit, Anthopoulos a indiqué qu’il chercherait ailleurs pour une solution moins temporaire pour l’absence de Reyes. Ce qui devait être notre arrêt-court d’avenir est passé aux Marlins de la Floride dans le méga-échange de novembre dernier (je parle bien sûr de Adeini Hechevarria), alors les rangs sont assez minces dans les mineures à ce poste pour les Jays. Où trouver de la profondeur?

Richard Griffin du Toronto Star a offert une liste de candidats potentiels, à laquelle MLBRumors.com a ajouté Tyler Pastornicky (la vedette de la photo ci-dessus) évoluant présentement dans l’organisation des Braves d’Atlanta mais qui est un ancien des rangs des Blue Jays (ancien, c’est vite dit, puisqu’il n’a que 22 ans, mais il a été repêché à l’origine par les Jays et a fait partie de l’échange qui a emmené Yunel Escobar et Jo-jo Reyes à Toronto, deux joueurs qui ont depuis quitté pour d’autres organisations). Faisant partie de la liste de Griffin est aussi Ramiro Pena (27 ans), également des Braves. Les Braves comptent sur Andrelton Simmons, un espoir issue de Caracas qui est promis à un brillant avenir et qui fait déjà partie de leur alignement partant. Il n’a que 22 ans, alors quiconque arrive derrière lui dans les mineures doit être très jeune, très patient ou comptant sur la malchance d’une blessure éventuelle de Simmons, ce que personne ne souhaite.

La liste de Griffin compte également Mike Aviles (CLE), un joueur qui a été un Jays sur papier comme compensation pour le départ chez les Red Sox du gérant John Farrell et qui a été échangé aux Indians en retour du releveur Esmil Rodgers. Voici le reste de la liste, à laquelle j’ajouterai des commentaires plus bas (organisation actuelle entre parenthèses): Cody Ramson (SD), Josh Wilson (ARI), John McDonald (PIT), Yuniesly Betancourt (MIL), Jonathan Herrera (COL), Cesar Izturis (CIN) et Dee Gordon (LAD).

Les deux joueurs les plus expérimentés ici (aussi lire plus âgés) sont Cody Ransom et John McDonald. Ransom serait relativement facile à aller chercher, puisque les Padres viennent de le retrancher de leur alignement. Pour ce qui est de John McDonald, un autre favori du public à Toronto, il a un rôle assez restreint chez les Pirates. Ces deux joueurs ne frappent pas beaucoup. Est-ce mieux que Kawasaki? Je ne crois pas. Josh Wilson, Cesar Izturis et Mike Aviles ont une production offensive un peu meilleure, mais encore là, un peu limite. Deux noms qui sont un peu plus attirants sont Betancourt et Herrera. Ce qui serait difficile ici serait le prix demandé. Bien qu’ils soient réservistes dans leur organisations respectives, ce sont des joueurs de qualité qui sont équivalents à Bonifacio ou Maicer Izturis chez nous. Comme ces organisations savent que les Jays sont dans une position relativement faible au niveau des négociations, les demandes de ces équipes risquent d’être très au-delà de ce que Anthopoulos est près à laisser partir.

Et il y a Dee Gordon, un joueur d’avenir chez les Dodgers. De tous les joueurs de la liste, celui-là serait un coup fumant si ça devait se réaliser. Vous allez me dire que ce n’est pas un avenir resplendissant nécessairement pour Gordon, lui qui a commis plusieurs erreurs l’an dernier (il s’est d’ailleurs classé 5e dans la Nationale pour les erreurs commises), mais c’est un joueur rapide qui pourraient être utilisé comme premier frappeur. Il est bloqué à Los Angeles par Hanley Ramirez et n’est apparemment pas un favori du gérant Don Mattingly, qui n’a pas rappelé Gordon des mineures pour remplacer Ramirez qui est présentement sur la liste des blessés. Anthopoulos a indiqué également qu’il mettrait l’accent sur un joueur aux talents défensifs solides avant tout, ce qui n’est pas nécessairement la force de Gordon.

Dès lors, peut-être que de rammener Pastornicky dans l’organisation serait la meilleure chose. Ça aiderait à Buffalo, puisque son arrivée permettrait à Ryan Goins de jouer principalement au 2e (sa position naturelle, et là où nous aurons besoin de renfort avant longtemps) plutôt qu’à l’arrêt-court comme c’est le cas présentement.

Je m’en voudrais également de ne pas mentionner un scénario que Jeff Blair, du Globe and Mail, a avancé récemment à l’effet que Lawrie pourrait être retourné au 2e but (où il jouait dans l’organisation des Brewers avant d’être échangé) et Bautista au 3e, où ce serait plus facile de jouer pour un joueur plus agé qu’au champ extérieur où il faut courrir beaucoup. Les Jays ont envoyé Lawrie au 2e but lors d’un de ses matches de reconditionnement à Dunedin pour voir comment il s’en tirerait, et il s’est acquitté de la tâche si bien que les éclaireurs avaient du mal à dire s’il était meilleur deuxième ou troisième but (où il a prouvé être excellent à Toronto). Il fait d’ailleurs très bon de revoir Lawrie à Toronto, lui qui y a joué son premier match cette saison après sa blessure subie lors de la Classique Mondiale de Baseball en mars dernier.

Tant et aussi longtemps que Kawasaki s’acquitte bien de la tâche à Toronto, il n’y a pas d’urgence. C’est un bon luxe à avoir, et il ne coûte rien de plus à l’organisation (pas de joueur à échanger, pas de mouvement de personnel supplémentaire, etc). Anthopoulos peut alors tenter de conclure le meilleur marché possible sachant qu’il n’y a pas lieu d’être expéditif et de sauter sur la première occasion.

Parlant de mouvement de personnel, Jeremy Jeffress est passé à travers le ballottage sans être réclamé, alors il peut être envoyé dans les mineures dans l’organisation des Jays. S’agira de savoir où il atterrira, ce qui devrait être à Buffalo selon toute vraisemblance. Casper Wells a aussi été retranché et en attente de son sort (soumis au ballottage, relâché comme agent libre, ou échangé). Deux autres joueurs qui ont passé à travers le ballottage et sont maintenant à Buffalo, les lanceurs Dave Bush et Edgar Gonzalez.

Reyes écarté pour trois mois: les retombées

Jose Reyes

Jose Reyes

Finalement, une série avec trois bonnes performances de nos lanceurs (Happ, Dickey et Morrow, dans l’ordre) et deux victoires sur trois matches. Mais tout ce dont on se souviendra de cette fin de semaine, c’est d’avoir eu l’estomac tourné à l’envers par la glissade tardive de Jose Reyes sur un vol du deuxième but (son 5e but volé de la saison) lorsqu’on a vu son pied gauche et sa cheville tourner d’une façon qu’on savait d’instinct n’allait pas donner un bon résultat. La bonne nouvelle, c’est que la cheville n’est pas cassée et ne nécessite pas d’opération chirurgicale. Le verdict: cheville sévèrement foulée, 6 à 8 semaines de repos, et réhabilitation ensuite. On ne reverra pas Reyes dans l’alignement avant la pause du match des étoiles à la mi-juillet.

Reyes était facilement le joueur qui avait le plus d’impact avec les Jays en ce début de saison, avec une moyenne au bâton de près de .400 et un OPS (moyenne de présence sur les sentiers + moyenne de puissance) de .991. C’est également un leader et son attitude positive est contagieuse. On perd un gros morceau. Ceci dit, les Jays ne sont pas au tapis pour autant. Il reste beaucoup de talent sur cette équipe, à commencer par la rotation des lanceurs partants, et trois gros canons au bâton avec Bautista, Cabrera et Encarnacion. Pour passer à travers les trois mois d’absence de Reyes, faudra que ces trois-là se mettent à contribuer plus régulièrement, qu’Arencibia continue sur sa lancée, et que Rasmus et Lind se lèvent.

Au niveau du leadership, Bautista est toujours là et en a fait une bonne démonstration ce weekend. Bautista a offert à l’équipe de jouer au 3e but pour aussi longtemps que ce soit nécessaire, lui qui préfère le champ droit. Bautista est un excellent athlète et un joueur de 3e but au-dessus de la moyenne. Ce geste de Bautista donne plus de flexibilité à Anthopoulos et Gibbons pour jouer avec leur alignement partant, puisque les Jays sont plus profonds au champ extérieur qu’à l’intérieur. Bonifacio peut jouer à l’extérieur, de même que Davis, évidemment, mais nous avons également Casper Wells, et si on regarde dans les mineures, Gose et Sierra sont tous les deux capables de monter et de s’acquitter de la tâche. À l’intérieur, à Buffalo, Goins n’est pas prêt et McCoy est un joueur utilitaire, sans plus. Les départs iront donc à Munenori Kawasaki, un ex-Mariners que les Jays ont signé comme agent libre durant le camp d’entraînement et rappelé de Buffalo vendredi soir, et Maicer Izturis.

Kawasaki s’est fait une réputation à Seattle qui fait penser à celle dont jouissait John McDonald à Toronto il y a quelques années: bon gars, bon en défensive, mais passable au bâton. Les talents en défensive de Kawasaki sont connus: au poste d’arrêt-court dans les majeures au Japon, il a récolté deux gants dorés. Il a également fait partie de plusieurs équipes d’étoiles et a participé à la Classique de Baseball en 2006 qui a couronné le Japon comme champion. Kawasaki est sympathique, souriant, dynamique, mais il ne frappe pas beaucoup, ce pourquoi Seattle l’a laissé aller. Comme solution temporaire, on pourrait faire pire. Kawasaki a 31 ans, il a vu sa part de baseball et sait quoi faire sur le terrain. C’est juste que, au bâton, ce qu’il sait devoir faire et ce qu’il peut faire sont deux choses qui sont trop souvent différentes.

Anthopoulos a dit aux journalistes qu’il continuerait ses recherches pour du renfort chez une autre équipe. D’ici là, Bautista jouera au 3e but et Kawasaki et Izturis se partageront le centre du diamant jusqu’au retour de Lawrie, qu’on pourrait voir jouer au 2e but, la position qu’il occupait dans les mineures lorsqu’il était de l’organisation des Brewers. Ceci dit, trouver un arrêt-court avec une bonne frappe, c’est difficile. Faudra serrer les rangs et travailler fort pour rester dans le peleton de tête jusqu’au retour de Reyes en juillet. Il n’est pas dit qu’Anthopoulos soit en mesure de trouver quelqu’un d’autre d’abordable. On pourrait faire pire que Kawasaki…

Ailleurs dans la ligue
– Les Dodgers ont également perdu un gros morceau avec la fracture à la clavicule de l’artilleur Zack Greinke suite à son “combat” avec Carlos Quentin des Padres de San Diego. Les Padres et les Dodgers ne s’aiment pas, on le sait. Greinke et Quentin avait aussi une historique personnelle avant de se rencontrer la semaine dernière, et Quentin n’a pas aimé se faire atteindre de nouveau par Greinke. Quentin a été suspendu 8 matches pour avoir chargé le monticule, mais ce ne sera pas la fin de l’acrimonie entre San Diego et Los Angeles. Ça ne fait que commencer.

– Un autre lanceur tombé au combat (littéralement) est Jered Weaver des Angels d’Anaheim. En tentant d’éviter une balle frappée dans sa direction, Weaver est tombé sur le monticule et s’est fracturé un coude. Heureusement, c’est n’est pas le coude du bras qu’il utilise pour lancer, mais c’est une blessure bizarre qui arrive au bien mauvais moment pour les Angels, qui ont un début de saison décevant. Weaver sera écarté de 4 à 6 semaines.

– Départ impressionnant des Braves d’Atlanta, avec 11 victoires contre une défaite. La réunion des frères Upton porte fruit, et c’est surtout Justin qui prend les devants, avec B.J. qui n’a pas encore trouvé sa vitesse de croisière. Je déteste les Braves (leur stupide brandissement du tomahawk durant les matches me donne des boutons), mais je dois reconnaître qu’ils ont fait un très bon coup. Ils ont également toujours été fort sur le monticule, alors on devrait les voir au sommet de leur division régulièrement d’ici à la fin de la saison.

De chenilles et de papillons

Ces personnes ne se doutent pas qu'ils sont sur le point de voir un désastre, dimanche

Ces personnes ne se doutent pas qu’ils sont sur le point de voir un désastre, dimanche

Après seulement une semaine d’activité, on est loin de l’heure des bilans pour les Blue Jays, mais certains partisans qui n’ont suivi l’équipe cette année qu’après avoir entendu la surenchère sur les chances de l’équipe cet hiver déchantent déjà. Les partisans de longue date, même s’ils sont évidemment déçus, savent qu’une saison de baseball, c’est un marathon, pas un sprint, et qu’il est bien tôt pour lancer la serviette. De voir son équipe se faire démolir comme on l’a vu contre Cleveland, Boston et Détroit, ça fait mal peu importe quel genre de partisan on est.

Il n’y a pas pire désenchantement en ce début de saison que la performance des partants en général, et R.A Dickey en particulier. L’artiste de la balle papillon s’est fait frapper solide à ses deux départs et avait l’air de lancer des chenilles (lentes et pas très mobiles) plutôt que des papillons. Il a aussi appris que le Rogers Centre est un bon aérodrome pour les balles frappées solidement et que plusieurs d’entre elles quittent le terrain dans des circonstances qui auraient produit de simples ballons ou au pire des doubles dans d’autres stades. Buerhle et Josh Johnson ont aussi été très ordinaires, Morrow assez moyen et J.A. Happ a l’air d’un as en comparaison. Comme pour ajouter à notre malheur, après avoir été témoin de la défaite de 13-0 contre Boston, mon frère et moi avons assisté à une dégelée de 8-1 des Bisons de Buffalo aux mains des Chiefs de Syracuse (après un délai d’une heure trente pour cause de pluie, et des averses intermittentes durant la partie, rendant la soirée nettement désagréable malgré tous les efforts du personnel des Bisons, qui sont accueillants et dynamiques).

S’il y a une surprise à date, je pense que c’est la performance de Brett Cecil, qui va de succès en succès depuis le début de la saison et s’acquitte de son travail de relève, peu importe la situation dans laquelle on fait appel à lui, avec brio et humilité. Jeremy Jeffress a vite été éclipsé après quelques visites, suivi de près de Dave Bush qu’on avait rappelé de Buffalo, et probablement d’Edgar Gonzalez, réclamé au ballotage des Astros de Houston (il n’a pas été jugé assez bon pour Houston? Sérieux?). Gonzalez échouera vraisemblablement à Buffalo, mais les deux autres pourraient être réclamés par d’autres équipes au ballotage. Parlant de ballotage, les Jays ont aussi réclamé Casper Wells, ce qui pourrait être un bon coup comme réserviste et qui pourraient remplacer Adam Lind dépendamment du lanceur partant que les Jays affrontent (ils ont des « splits » qui se complètent, l’un fort contre les gauchers, l’autre contre les droitiers).

Moins surprenant mais combien agréable est la performance éclatante de José Reyes. Les attentes étaient là, et il y a répondu avec une superbe qu’on avait rarement vue en ces terres. Dynamique, toujours souriant, explosif sur les sentiers, il fait bon de le voir évoluer tous les jours dans l’alignement. Pendant ce temps, les bâtons de Bautista et Encarnacion étaient au congélateur (ou hors de l’alignement, à cause de la cheville endolorie de Bautista). Cabrera a commencé à trouver du gazon sous ses balles, ce qui aide également, mais les Jays ont laissé beaucoup de joueurs sur les sentiers, ayant du mal à obtenir le coup sûr opportun. Une étoile va aussi à Arencibia, qui connaît un début de saison canon.

Une note pour dire que les déboires en défensive sont aussi très laids à voir. Bonifacio a du mal à bien faire au deuxième but, Izturis est passable au troisième… Vivement le retour de Lawrie, qu’on prédit maintenant pour le 19 avril.

On le répète, il est encore tôt, et rappelons que plusieurs de ces joueurs ne sont ensembles que depuis un mois. Ça va prendre un peu de temps pour que la chimie opère. Va falloir être patient. Pas trop, on espère…

Ce qui a attiré mon attention ailleurs dans la ligue :

– L’expérience du « closer » par comité à Détroit (en fait, de la qualité de leur enclos en entier, je dirais) a été suffisamment décevante en ce début de saison que les Tigers ont re-signé leur closer déchu Valverde et l’ont rapidement envoyé dans les mineures pour se refaire une santé, lui qui a passé les derniers mois a attendre des nouvelles d’une équipe, n’importe laquelle, qui lui redonnerait une chance après ses déboires de l’an dernier et tout spécialement ses contre-performances en séries d’après-saison.
– Chris Davis qui détruit tout à Baltimore. D’où est-ce que ça vient, ce départ canon? Recrue de l’année?
– Parlant de départ canon, que dire de Jose Iglesias à Boston? Malgré ses performances éclatantes, il s’est quand même retrouvé avec un ticket pour Pawtucket (AAA) puisque le joueur qu’il remplaçait dans l’alignement des Red Sox est de retour.
– Cleveland, qui a si bien joué à Toronto, se fait démolir sans réserve par les Yankees à domicile. Difficile à comprendre.
– Et vous, qu’est-ce qui a attiré votre attention?

Prédictions (bis)

J’ai fait mes prédictions à l’ancienne mode, et il me manque deux “meilleurs deuxièmes” (wild card) pour compléter ma liste.

Dans l’américaine, j’avais les Rangers ou les Angels. Je vais préférer les Angels, et pour l’autre, les Blue Jays ou les Rays (ces deux équipes, comme pour les Reds et les Cards dans la nationale centrale, devraient selon moi prendre les deux premiers échelons de leur division, mais ça va être serré pour savoir qui sera un et qui sera deux).

Pour la nationale, Washington devrait figurer au tableau. Ils ont une bonne chance de supplanter les Braves dans leur division, mais je continue de croire qu’Atlanta sera en tête à la fin de la saison régulière dans cette division.

Et évidemment, la plupart des ces prédictions se révèleront fausses fin septembre, parce que c’est comme ça que ça marche. Si vous pariez avec de l’argent en utilisant mes choix, vous êtes avertis. Comme on dit en anglais: “You’re on your own.”

S’cusez, c’est l’émotion

Bautista et l'arbitre pour un autre tour - 3 avril 2013 (Source: Presse Canadienne)

Bautista et l’arbitre pour un autre tour – 3 avril 2013 (Source: Presse Canadienne)

Je ne prévoyais pas réécrire d’ici la semaine prochaine, mais ayant assisté au match d’hier et lu les commentaires de Bautista ce matin, je ne pouvais pas m’en empêcher.

Pour donner un minimum de contexte, Jose Bautista a de nouveau contesté les décisions de l’arbitre derrière le marbre hier sur ce qui devait être une balle ou une prise. Oui, il s’en est fait passer une hier, ce n’est pas la première fois, et l’argumentation avec l’arbitre aussi était loin d’être une première également. Et franchement, c’est assez.

Questionné là-dessus par les médias hier, Bautista y est allé d’une perle. Voici mon humble traduction : « Quelquefois, j’ai de la difficulté, plus que les autres joueurs, à accepter que ma production soit affectée par la médiocrité d’un autre. C’est simplement qui je suis. » Et il y est aussi allé de sa réponse type de l’an dernier à l’effet qu’il joue avec beaucoup d’émotion, et qu’il ne voit pas de problème avec cette attitude.

Si tout le monde ne parle que de ça aujourd’hui, ça devrait te donner un indice que, oui, il y a un problème. Le gérant John Gibbons a discuté avec Bautista durant le camp de son attitude au bâton et de sa linguistique corporelle, et Bautista aurait apparemment dit qu’il comprenait. Je pense qu’on peut dire que non, il n’a pas compris. Mon ami a d’ailleurs bien résumé ma pensée hier lorsqu’il a simplement dit : « Il commence à se prendre pour Jeter. » Il parle bien sûr de Derek Jeter, pour qui toutes les prises ou presque sont discutables et qu’on dirait qu’il les prend comme un affront personnel les trois-quarts du temps. Et c’est emmerdant à regarder.

Tout le monde a joué à un sport ou à un enfant qu’il y a joué ou y joue encore. Respecter les arbitres est une règle de base. Savoir contrôler son tempérament est en une autre. De dire qu’on est plus émotif qu’un autre est de la foutaise. Si c’est vraiment le cas, tu travailles plus fort sur ton contrôle. Soit un être exceptionnellement émotif qui est exceptionnellement en contrôle et on t’en donnera encore plus de crédit. Et de dire qu’un arbitre, ou plusieurs, sont médiocres, ce n’est vraiment pas la bonne chose à dire. C’est faire preuve d’égocentrisme qui fait mal à l’équipe puisque tous les arbitres de la ligue vont se passer le mot. Les prises qui sont limites vont devenir des balles pour les lanceurs des Jays. Et les balles qui sont limites vont certainement devenir des prises pour les frappeurs en bleu.

Être un leader dans la chambre des joueurs commence par faire passer les besoins de l’équipe avant les siens et ne pas faire dans la « bullshit » (c’est le terme technique ici, vous m’excuserez) et les excuses poches. Brett Lawrie a passé la même cassette l’an dernier avec « c’est comme ça que je joue » pour excuser ses erreurs sur les sentiers et son émotivité qui l’a vu faire rebondir son casque de frappeur sur un arbitre l’an dernier. Les Blue Jays sont en train de se faire une réputation comme une gang arrogante qui se pense au-dessus de tout le monde. Le terme anglais « hubris » (qui se traduit par outrecuidance, ou orgueil démesuré) me vient à l’esprit. Quand on se réveille de ce sentiment là, en général, ça fait mal (pas juste à l’égo, bien souvent). Je pense que c’est un glissement qui vaille qu’on s’y attarde au P.C. avant que ça dégénère, émotivité exceptionnelle ou pas.

On se reparle très bientôt.

Des prédictions à reculons

2013_opening_day_logoToutes les personnes que je côtoie et qui savent que je suis accros des Jays et que j’ai une part de billets de saison pour l’équipe me demandent si je pense qu’ils se rendront en série, et qui gagnera, etc. La grande majorité des journalistes et des bloggueurs y vont également de leur prédictions, alors on n’y échappe pas, je présume. C’est le genre de chose (la prédiction) qui invariablement laisse son auteur comme cible de ridicule, parce que ça n’arrive jamais comme on pense que ça va arriver. 162 matches par équipe d’ici à octobre, il s’en passera des choses. Mais bon, allons-y d’une prédiction quand même.

D’abord, oui, je crois (et c’est teinté de sentiment, c’est dur d’être strictement rationnel là-dessus) que les Blue Jays se rendront jusqu’aux séries cette année. Mais ça va être difficile. Dans l’est, ce sera eux ou les Rays. Les Orioles, qui comptent sur quelques joueurs de talents, sont toujours dans la course. Ils ont été très chanceux l’an dernier, on s’entend, mais ils sont mieux placés pour répéter cette année avec Machado, Wieters, Adam Jones, et une meilleure performance de J.J. Hardy. Franchement, ça ne peut pas être pire que l’an dernier, et Hardy à son meilleur est un joueur d’arrêt-court offensif comme on en fait peu. Si leurs lanceurs y vont d’une autre belle saison, ils ont des chances.

Les Tigers devraient se rendre en série facilement puisque Victor Martinez est de retour et ils ont comblé une déficience au champ extérieur. En ajoutant Prince Fielder, Cabrera et Verlander et le reste de la bande, c’est un alignement impressionnant. À part ça, dans la centrale, qui d’autre? Exactement, il n’y a personne d’autre. Dans l’ouest, il n’est pas dit que les Angels ou les Rangers seront premiers. Pourquoi? Les Angels n’ont pas une rotation très menaçante, et les Rangers ont perdu un peu en offensive en plus de toujours avoir Ron Washington comme gérant. Il est sympathique, mais sa gestion, surtout au niveau de l’enclos, laisse à désirer. Les A’s pourraient surprendre une fois de plus. Il est aussi très probable que le meilleur deuxième (wild card) soit issu de cette division. Avec les pauvres Astros dans cette division, et Seattle qui en arrachera encore à mon avis, c’est plusieurs victoires « faciles » que les Angels, Rangers et Athetics pourront engranger. Ok, il n’y a en a pas de facile dans la vie, mais je pense qu’on peut s’entendre sur le fait que le niveau de difficulté à battre les Astros n’est pas du plus élevé cette saison. Rappelons-le, 23 joueurs dans les majeures ont un salaire annuel plus élevé que l’ensemble des joueurs de Houston, qui ont une masse salariale sous $19 millions si je ne m’abuse. Ayoye.

Je ne suis plus aussi ferré dans la Nationale qu’à l’époque des Expos, mais j’attends les Giants dans l’ouest (oui, encore, malgré les dépenses extravagantes des Dodgers), Atlanta dans l’est et Cincinnati dans la centrale, avec St-Louis meilleur deuxième (ces deux dernières équipes sont interchangeables dans ces positions, à mon avis). J’espère des améliorations chez les Cubs, et je vais pâtir encore pour les Padres, pour qui j’ai un faible, bien malgré moi (faut visiter leur stade également, un des plus beaux des majeures et un de mes favoris, avec Baltimore, Seattle et Cincinnati – je n’ai pas encore visité San Francisco, mais on me dit qu’il se classerait facilement dans le top également).

Qui l’emporte à l’issue de la saison? Je ne sais pas, mais je sais qui j’espère voir au sommet.

Je vais au match demain, ainsi que pour tous les matches du weekend et, si la météo collabore, à Buffalo lundi. On se reparle probablement après ça. Bonne semaine d’ouverture!

Sur papier, ça ne veut rien dire

R.A. Dickey en camp d'entraînement

R.A. Dickey en camp d’entraînement

Cette citation de Jose Reyes a été reprise plusieurs fois ce weekend, tant dans la presse écrite qu’à la télévision, et il est bien placé pour le savoir. Une des équipes favorites l’an dernier “sur papier”, les Marlins se sont effondré rapidement et ont eu une saison de misère avec un alignement partant qui pourtant faisait des envieux en avril. Les Blue Jays font certainement des envieux présentement. En espérant qu’ils seront performants autrement que sur papier.
L’alignement partant est maintenant déterminé à part pour une technicalité. Les Jays vont débuter la saison avec 8 releveurs. On s’entend qu’en général, c’est un releveur de trop. Dans un article précédent, nous avons parlé de la lutte entre Cecil et Jeffress pour le dernier poste disponible dans l’enclos. Ce sont deux joueurs qui n’ont plus d’options, c’est donc dire qu’une démotion dans les mineures pour l’un ou l’autre les expose au ballottage où il est pratiquement certain qu’une autre équipe réclamera le joueur retranché. Que faire?
Les Jays ont décidé de tenter un tour de passe-passe en utilisant le poste rendu disponible sur l’alignement par la mise en réserve de Brett Lawrie sur la liste des blessés pour garder Cecil et Jeffress sur l’alignement partant. L’idée est que lorsque Lawrie sera de retour, l’un d’eux sera relégué aux mineures, mais que le timing de leur passage au ballottage augmente les chances pour les Jays de garder le joueur. En effet, si tôt dans la saison, rares seront les équipes qui auront la flexibilité ou le désir d’ouvrir un poste sur leur alignement de 25 partants pour y intégrer Jeffress ou Cecil. Avant le début de la saison, c’est plus facile pour une équipe de “faire de l’espace”. On verra bien où ça va mener.
Un autre lanceur que nous attendions sur la liste des 25 partants est Romero, qui débutera la saison en ligue A afin de rémédier à ses problèmes. Les Jays insistent qu’il s’agit d’un problème de mécanique, Romero lui croit que c’est mental. Un ou l’autre, c’est inacceptable de le garder dans l’alignement avec des contre-performances pareilles lorsque J.A. Happ est disponible et performe bien. Les Jays ont récompensé Happ pour sa patience avec le poste de 5e partant et une extension de contrat.
Les Blue Jays vont débuter la saison à Toronto contre les Indians de Cleveland avec R.A. Dickey sur le monticule mardi, puis Morrow et Buerhle pour le reste de la série de trois matches. Je ne pourrai assister au premier match (occupé ailleurs, malheureusement), mais je serai là mercredi, de même que pour tous les matches du weekend contre les Red Sox. On se reparle d’ici là.