Réflexions après 10

Cérémonies lors du match d'ouverture au Centre Rogers - 4 avril 2014

Cérémonies lors du match d’ouverture au Centre Rogers – 4 avril 2014

Après dix matchs, les Blue Jays jouent pour .500. Bien que ce ne soit pas un départ fulgurant, personne dans la division n’en a eu, et c’est nettement mieux que l’an dernier, quoiqu’il y ait quelques points peu inspirants pour la suite, et d’autres qui sont plutôt encourageants.

D’abord, soyons inspirés par le départ canon de Melky Cabrera, qui ressemble au joueur qu’on s’attendait à voir l’an dernier mais qui, on le sait, était incommodé par une tumeur au bas de la colonne vertébrale qui lui causait des douleurs aux jambes et au dos au point où il a manqué une bonne partie de la saison. Maintenant, il frappe et court comme à ses beaux jours, au point où Gibbons l’a même utilisé comme voltigeur de centre. Sur ce dernier point, j’espère qu’on n’abusera pas. Il est correct au centre, mais sans plus.

La défensive a augmenté d’un cran cette saison, et les performances étincelantes de la troupe torontoise a certainement rendu précieux service aux lanceurs partants. Si on veut voir un contraste frappant avec une autre équipe, on n’a qu’à regarder du côté des Yankees, qui ont un avant-champ pathétique cette saison. N’en déplaise à personne, Derek Jeter ne devrait pas jouer à l’arrêt-court pour eux mais au deuxième but. Il n’a jamais été très mobile à son poste régulier, mais il a ralenti et c’est dommage à voir, surtout venant d’un joueur modèle comme lui qui ne se plaint pas, travaille fort et est humble (en tout cas, humble pour un Yankee, à la manière également de Robinson Cano ou Mariano Riviera, par rapport à l’autre extrême, le toujours regrettable Alex Rodriguez). Ce focus sur la défensive va garder les Jays (et leurs lanceurs) dans le match plus longtemps, et est nettement crucial en ce début chancelant pour l’offensive, avec Encarnacion, Rasmus et Lawrie qui en arrachent au bâton.

Ensuite, une bonne mention pour l’enclos des releveurs qui a fait du très bon travail dans l’ensemble avec quelques petites ratés ici et là, dont l’une a coûté son poste à Jeremy Jeffress, le lanceur de boules de feu qui malheureusement ne maîtrise pas très bien leur destination. Il avait pourtant bien fait en fin de saison dernière après qu’on l’ait diagnostiqué pour un problème d’épilepsie, mais un enclos très talentueux et rempli à ras-bord couplé au fait qu’il n’avait plus d’option à son contrat ont fait en sorte qu’il se retrouve désigné pour assignation. Si personne ne le réclame au ballotage (ce qui m’étonnerait, puisque sa rapide, bien qu’imprécise, peut atteindre 100 milles à l’heure, le rend tout de même très attirant), on pourrait le voir atterrir à Buffalo, où il a passé le plus clair de la dernière saison.

Mention honorable à Maicer Izturis, de qui on n’attendait plus grand-chose, qui a un début de saison exceptionnel au bâton et qui s’en sort très bien en défensive. Mentionnons également les lanceurs Drew Hutchison et Brandon Morrow, qui montrent de belles promesses. Avec ces deux-là et Dustin McGowan, on risque de voir des performances en dents de scie, et pour que les bleus aient un tant soit peu de succès cette saison, il faudra que deux d’entre ces trois-là atteignent un certain niveau de constance et de bonne performance. McGowan s’est fait frapper solide à son premier départ, mais on croit qu’il donnait des indices qui permettaient aux frappeurs des Yankees de deviner ses lancers, chose rapidement remédiée. On verra ce qu’il fera face aux Orioles ce soir pour se donner une meilleure idée de son développement. Et il doit montrer quelque chose dans de brefs délais, puisque J.A. Happ va bientôt revenir de sa réhabilitation (il lance présentement à Buffalo), et les bleus devront prendre une décision sur ce qu’ils feront avec ce dernier, ce qui risque d’influencer ce qui arrive à McGowan.

Autre mention à Dioner Navarro, qui a tôt fait de faire oublier J.P. Arencibia (au moins au niveau des performances – le physique et faciès de modèle de J.P. manquera encore longtemps aux dames qui le suivaient de près). Il frappe, se bat à chaque présence au bâton et ne prend pas de retraits au bâton (à date). Il vole même des buts! Bon, d’accord, il en a volé sur un court-et-frappe raté, mais c’était bien de le voir glisser sauf au deuxième et de le voir sourire radieusement ensuite. La foule du Centre Rogers lui a donné une ovation méritée. Son travail avec les lanceurs est louangé par l’ensemble du personnel. Ça augure bien pour la suite.

Au niveau des inquiétudes, à commence à l’avant-champ, et comme l’an dernier, ça s’épelle Reyes. Sur la liste des blessés après dix matchs la saison dernière, ça n’a pris qu’une présence au bâton cette saison pour qu’il tombe au combat, victime d’une inflammation du muscle ischio-jambier. Problème qu’on dit mineur, on devrait revoir Reyes d’ici la fin du mois d’avril. En son absence, les Jays ont rappelé Jonathan Diaz, une recrue de 28 ans qui a passé beaucoup de temps dans le système de Toronto avant qu’il ne parte comme agent libre chez les Red Sox l’an dernier, où il a joué 4 matchs dans les majeures (sans frapper un seul coup sûr) en fin de saison. Les bleus l’ont ramené chez eux lors de la saison morte, et le voici finalement avec le grand club, où il ne frappe pas si pire depuis le début. Vous me direz que ça ne durera pas, et je suis d’accord avec vous si on en croit sa fiche au bâton en carrière. Sa réputation s’est faite sur la qualité de sa défensive, comme Goins. Ces deux frappeurs anémiques mais prolifiques en défensive ne pourront pas survivre sur le même alignement une fois Reyes de retour. Si Diaz continue à frapper, même si ce n’est pas beaucoup, c’est mieux que de ne pas frapper du tout (la situation de Goins depuis le début de la saison, et même datant du camp d’entraînement).

J’ai déjà mentionné la rotation partante, qui est tantôt extraordinairement bonne, et l’instant suivant particulièrement poche, mais c’est moins pire que l’an dernier, et il semblerait qu’on ne se retapera pas la longue et douloureuse recherche de la balle papillon mythique de Dickey, malgré que son premier départ nous a donné un flashback assez pénible à Tampa Bay. Hutchison, Morrow et McGowan revenant de blessures, le caractère Jekyll et Hyde de la rotation des partants va probablement perdurer quelques semaines avant que tous ces gens-là se replacent, dans un sens comme dans l’autre. Si ça va dans le mauvais sens, il y a Aaron Sanchez et Marcus Stroman qui attendent en renfort.

On a aussi parlé de l’offensive qui est plutôt anémique en dehors de Cabrera, Izturis, Bautista et Navarro. Les derniers matchs ont laissé poindre une lueur d’espoir du côté de Rasmus et Lawrie, mais c’est inquiétant. Reviens vite, Jose Reyes!

Les Jays visitent les Orioles à Baltimore ce weekend, et iront ensuite affronter les pauvres Twins au Minnesota et les Indians qui ont un départ plutôt moyen cette saison (eux aussi sont à 5 victoires et 5 défaites). Je serai à New York pour le match des Yankees contre les Red Sox samedi, et à Cleveland pour la série de trois matchs des Blue Jays durant le weekend de Pâques. Bon baseball à tous!

Ça commence aujourd’hui (ou mes prédictions à reculons)

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Aujourd’hui, toutes les équipes (sauf trois: les Dodgers, les Diamondbacks et les Padres) ont une fiche de 0-0. Aujourd’hui, toutes les équipes sont à égalité (encore là, ou presque : les Dodgers sont 2-1, les Diamondbacks 0-2 et les Padres 1-0). Aujourd’hui, ça commence pour vrai.

Je voudrais bien vous dire que les Blue Jays vont emporter la division Est de l’Américaine et la série mondiale. C’est possible. Quant à savoir si c’est probable… un peu. Mais va falloir que tout tombe exactement où ça devrait tomber. Ils pourraient nous donner une performance à la St-Louis et promouvoir une révélation de leurs filiales à la mi-saison, comme Michael Wacha pour les Cardinals l’an dernier. Qui serait le Wacha des Jays? Sanchez ou Stroman. Les Jays ont les bâtons, ils leurs manquent un peu de bras. L’enclos des releveurs est fort. La rotation partante… pas vraiment. Dickey et Buehrle devraient être égaux à eux-mêmes et donner des performances honnêtes sans être éclatantes, alors une douzaine de victoires chaque. Hutchison a très bien fait à son premier passage dans les majeures il y a deux ans. Je m’attends à beaucoup de lui. Puis il y a Morrow, de qui on dit à chaque saison depuis trois ans qu’on s’attend à finalement le voir dominer, devenir un as. Il a maintenant la réputation d’être fragile, mais à ses débuts, il était des plus durables. Il a passé la saison morte à augmenter sa musculature dans le but d’être plus durable. Et puis il y a le 5e lanceur…

En début de camp, ce devait être une certitude que Happ reprendrait sa place dans la rotation, mais des malaises au dos l’ont suffisamment incommodé pour qu’il lance tout croche. Happ n’a jamais été un lanceur d’exception, alors ça n’en prenait pas beaucoup pour qu’il perde sa place dans l’alignement des Jays. Il n’est pas dit qu’il n’y reviendra pas. Il est revenu d’une blessure à la tête après avoir été atteint par une balle frappée directement au-dessus du marbre l’an dernier. Sans être extraordinaire, il a su tenir les Jays dans le match contre des opposants intra-division. Mais s’il était vraiment blessé, il ne s’est pas fait de faveur en insistant pour lancer quand même durant le camp. Déjà que l’opinion de plusieurs amateurs n’était pas de son côté, il y a maintenant encore moins de fans qui s’attendent à quelque chose de décent de lui. Et c’est dommage. Alors, arrivé de nulle part, McGowan revient à la charge.

L’histoire du phénix a été accolée à McGowan plus d’une fois, lui qui a subi blessures après blessures et qui n’a pas été partant avec les Jays depuis 2011. Détenteur d’un répertoire électrisant, s’il pouvait durer au moins une moitié de saison, les Blue Jays pourrait vraiment surprendre et faire oublier les faux départs cette saison morte avec les non-signatures de partants, surtout Santana.

Alors, où est-ce que ça nous place? Voici mes prédictions à reculons pour cette saison :

Américaine Est : Je crois que les Rays partent en avant avec leur rotation de partants, David Price en tête. C’est une équipe soudée, jeune, sûre d’elle-même derrière leur général Joe Maddon. Il réussit à tirer le meilleur de ses hommes saison après saison. Derrière eux, je vois Boston, toujours menaçant mais pour qui les choses ne pourront pas toutes tomber parfaitement en place comme la saison dernière. Certains de leurs partants sont fragiles (Clay Buckholz le premier entre tous), et leur alignement en général prend de l’âge. Ensuite, je ne suis pas trop sûr qui des Yankees, des Orioles ou même des Blue Jays ira dans quelle position. Je penche pour les Orioles tôt puisque l’œuvre de rapiéçage des Yankees ne m’inspire pas beaucoup (malgré le fait qu’ils ont l’un des meilleurs receveurs du baseball en Brian McCann maintenant), et j’ai déjà partagé mes inquiétudes quant aux Jays.

Américaine Centrale : Les Tigers seront de nouveau à la tête. Les partants sont toujours là, les bâtons également (même si Fielder est parti). Les Royals devraient s’approcher un peu plus, et les autres ne figureront pas trop dans le final.

Américaine Ouest : Les Rangers, que je n’aime pas beaucoup, prendront la tête cette année. Fielder est un frappeur idéal pour ce stade qui emporte les balles au champ droit avec ses courants d’air. Prince pourrait bien en frapper 50 cette année que je ne serais pas surpris. Darvish pourrait bien être candidat au Cy Young cette saison. Les Angels vont voir si le pouvoir de leur portefeuille pourra l’emporter sur le portefeuille de Dallas, lui aussi très bien garni. Les Mariners ne seront pas au dernier rang grâce aux Astros, mais je ne sais pas si leurs dépenses en saison morte fera une si grande différence au final. J’aurais encore tendance à placer les A’s devant eux. Est-ce que Cano et sa bande me donneront tort?

Nationale Est : Ce sera entre Washington et Atlanta, et Washington part avec une longueur d’avance car leurs partants sont en santé. L’ajout de Fister à leur rotation fera une grosse différence à mon avis.

Nationale Centrale : Ce sera entre St-Louis et Pittsburgh. Quoique que j’aime beaucoup les Reds, je ne crois pas qu’ils pourront répéter leur éclatant 2013. Il faudrait que Latos fasse bien encore, et la perte de leur artilleur Aroldis Chapman fera mal (pas juste pour Chapman, qui a reçu une flèche en plein visage lors du campo d’entraînement).

Nationale Ouest : C’est difficile de ne pas aller avec les nouveaux (anciens?) riches du baseball, les Dodgers. Ils ont la masse salariale la plus élevée des majeures et les propriétaires les plus déterminés de la ligue. Il reste à Puig de faire un autre pas dans son développement et montrer un peu plus de maturité dans son jeu, et les Dodgers seront redoutables. Je ne vois pas qui d’autre pourrait les terrasser dans cette division. Les Giants? Les lanceurs des Padres? Il faudra que les astres soient tous alignés pour qu’ils aient des chances (ou que les Dodgers s’enfargent dans leurs propres lacets, ce qui n’est pas impossible considérant la collection d’égo qu’ils ont dans leur alignement).

Qui est-ce qui gagne la série mondiale? Je pense que c’est finalement l’année des Tigers. Je me demande comment les Rangers vont « chocker » cette année, mais ils sont créatifs. Ça devrait être intéressant.

1994

1994-Montreal-Expos
L’année où tout était possible. Le meilleur alignement que les Expos n’avaient jamais aligné depuis le début des années 80. Une fiche de 74-40, six matchs devant leurs plus proches poursuivant dans l’est, les Braves d’Atlanta, et puis plus rien. La plupart des équipes et mêmes plusieurs joueurs croyaient qu’en déclenchant la grève celle-ci ne durerait que quelques jours. Mais la grève de 1994 a rayé le reste de la saison du calendrier, et annulé la série mondiale. Privés des revenus d’une lutte pour la suprématie du baseball et des matchs en octobre, les Expos ont tôt fait de démanteler une équipe promise à une dynastie. En effet, l’âge moyen des joueurs était de 26 ans cette année-là. Les Expos de 1994 en avaient encore beaucoup dans le corps. Par exemple, échangé aux Braves d’Atlanta, Marquis Grissom ira gagner la série mondiale dès 1995. Et c’est sans parler des destinées de plusieurs autres Expos qui gagneraient ailleurs, tels Pedro Martinez, John Wetteland et Larry Walker.

1994 sans grève, avec ou sans série mondiale à Montréal, ne veut pas nécessairement dire que les Expos seraient demeurés à Montréal, mais les chances sont excellentes que ç’aurait été le cas. Les plans étaient échafaudés et le financement en place pour un stade au centre-ville, mais le retour du baseball sans plafond salarial ni partage des revenus, ce que la direction Expos visaient en votant pour la grève, a effrayé les propriétaires. Bientôt, un nouveau propriétaire entrait en jeu, Jeffrey Loria, qui a fini de frustrer les partisans avec ses manigances et sa mauvaise foi, partisans qui ont cessé de se présenter au stade en guide de protestation. Les médias américains ont eu du mal à saisir qu’il ne s’agissait pas d’un manque de support de la part des amateurs montréalais pour le baseball lui-même, mais un accès de rage contre les machinations du nouveau proprio et des bonzes du baseball majeur. On s’est servi de cette pauvre excuse pour rayer l’équipe de la carte et la déménager à Washington.

Je ne saurais vous dire à combien de parties j’ai assisté en personne et 1994, mais c’était plusieurs malgré le fait que je n’avais qu’un salaire d’étudiant. Après la grève, je suis retourné au baseball de temps en temps, mais en dilettante à comparer avec la passion que j’avais auparavant. Et pour une dizaine d’années entre 1998 et 2008, je n’ai pratiquement pas mis les pieds dans un stade de baseball, peu importe lequel. Tel était la frustration, la colère de s’être fait voler un championnat possible, mais bien plus de s’être fait voler une équipe. Même lorsque les Expos jouaient toujours au stade, et que je demeurais à deux coins de rues de celui-ci, c’était enrageant de penser que l’équipe n’avait pas les moyens de compétitionner, et que nous étions à toute fins pratiques une équipe de AAA du reste des majeures. On ne pouvait pas s’attacher aux étoiles, puisqu’elles seraient rapidement échangées pour des inconnus d’une valeur approximative. Les théories de complot de la part du baseball majeur contre les Expos fusaient de toute part, et c’est encore un peu vrai aujourd’hui. Le commissaire du baseball Bud Selig n’est pas un personnage populaire pour la plupart des montréalais (enfin, ceux qui le connaissent). Et le fait que les Blue Jays aient voté pour la contraction des Expos et des Twins du Minnesota en 2001 (une contraction qui devait prendre effet en 2002) ne m’a pas plus. Je n’ai assisté à un match des Jays après 2001 que longtemps après ces événements et avec la plupart des acteurs du vote sous d’autres cieux (Rogers s’est porté acquéreur des Jays en 2000, entrant en partenariat avec Interbrew, puis a racheté Interbrew en entier en 2004). Les efforts récents des Blue Jays pour réparer cette injustice, notamment avec les matchs hors-concours de ce weekend, sont appréciés.

Aujourd’hui, je suis aussi accro qu’à l’époque (sinon plus), mais ce ne sera jamais pareil. Les Expos étaient mon équipe. Force est d’admettre que les Expos seront toujours mon équipe. Et pour 1994, ils sont mes champions.

Claude Raymond console Brad Wilkerson lors du dernier match des Expos à domicile en septembre 2004.

Claude Raymond console Brad Wilkerson lors du dernier match des Expos à domicile en septembre 2004.

Les Jays se font souffler Ervin Santana

Ervin Santana

Ervin Santana (Source: mlb.com)

Le directeur-gérant des Blue Jays Alex Anthopoulos a tôt fait de déclarer qu’il allait chercher à améliorer sa rotation partante dès la fin de la saison dernière. Après un échange présumé qui n’a pas abouti à cause d’un examen médical manqué et la signature de tous les agents libres avec d’autres équipes, il semblerait que cette « promesse » d’Anthopolos ne se réalisera pas. Sa dernière cible, Ervin Santana, vient de signer avec les Braves d’Atlanta.

Pourtant, Anthopoulos semblait avoir une bonne stratégie. Compte-tenu que Santana venait avec la condition que l’équipe qui le signe allait perdre un précieux choix au repêchage et que son dossier médical n’était pas du plus inspirant, on savait que le marché serait plutôt tiède à son endroit. Ceci étant dit, Santana a connu plusieurs saisons de 200 manches, dont trois de ses dernières quatre. Un peu comme Buehrle, Santana est une bête de somme qui mange des manches. Ce n’est pas toujours les meilleures manches lancées, mais cette stabilité aide le reste de l’équipe en économisant sur les releveurs. Mais voilà, Santana a connu une saison 2012 terrible avec les Angels, saison où il a reconnu qu’il avait des ennuis au coude, et même s’il a connu une bonne saison 2013, plusieurs équipes avaient des doutes à son endroit.

Alors Anthopoulos a laissé le temps faire son œuvre, et d’une position de départ où Santana et son agent visaient un contrat de $100 millions pour 5 ans (une surévaluation grossière du marché), Santana a finalement signé pour un an et un peu plus de $14 millions, l’équivalent de l’offre qualificative que les Royals lui avaient présentée à la fin de la saison dernière pour avoir droit à un choix de repêchage en guide de compensation s’il devait la refuser (ce qu’il a fait). Or, il n’a pas signé avec les Jays, mais avec les Braves, pour le même montant (d’après la rumeur) que ce qu’il s’était vu offrir par Toronto. Anthopoulos n’a pas caché sa frustration lors d’une entrevue téléphonique avec la station radiophonique FAN590 ce matin. Santana ne voulait pas lancer dans la division est de la ligue américaine, question d’avoir les meilleures chances de rebâtir sa valeur marchande pour retourner sur le marché des agents libres l’hiver prochain.

Mais voilà, si les Jays n’avaient pas attendu aussi longtemps, les Braves n’auraient jamais figuré au tableau. Ces derniers n’ont été impliqués dans les discussions autour de Santana que depuis le weekend dernier alors que leur partant numéro un Kris Medlen a souffert une blessure au coude et que deux autres de leurs artilleurs soient également incommodés par des douleurs diverses au bras (Brandon Beachy et Mike Minor). Encore plus embarrassant, les joueurs des Jays avaient également tenté de convaincre Santana de signer avec l’équipe avec une photo envoyée en texto où plusieurs d’entre eux tenaient une bannière disant « Come to Toronto » (Viens à Toronto). Dès lors que Santana était prêt à accepter un contrat d’un an, les Jays auraient dû bonifier leur offre et conclure le marché au plus sacrant, surtout lorsqu’on regarde de plus près le genre de rotation qu’ils risquent d’avoir pour débuter la saison.

Il est établi que Dickey et Buehrle seront là, et ils lancent tous les deux bien en matches préparatoires. Morrow devrait lui aussi être de la rotation, mais il n’a pas lancé depuis mai dernier, et il s’est fait recevoir en matches préparatoires en se faisant frapper solide. Il prétend qu’il ne tente que de regagner sa vitesse et son contrôle de sa rapide tôt durant le camp et qu’il n’est pas inquiet, mais je trouve (et je ne suis pas le seul) qu’il est inquiétant. Et puis il y a J.A. Happ, qui est en voie de devenir le Romero de cette pré-saison, avec une motion chancelante et un contrôle inexistant. Il est dit qu’il lançait avec des malaises au dos. Ce n’est pas bon signe. Des malaises au dos, c’est compliqué à diagnostiquer ou même guérir. Il n’est pas dit qu’il fera l’alignement en début de saison à ce rythme.

Au niveau des bonnes nouvelles, il y a Drew Hutchison qui lance très bien depuis le début du camp d’entraînement, de même que Marcus Stroman. Todd Redmond et Esmil Rogers, tous les deux à court d’options, ne font pas bonne figure depuis le début du camp, de même que Kyle Drabek, mais au moins lui peut retourner à Buffalo et se refaire sans être exposé au ballotage. Il reste encore trop de releveurs pour le nombre de postes disponibles, plusieurs d’entre eux à court d’options. Anthopoulos a laissé entrevoir qu’il y aurait de l’action de ce côté-là d’ici la fin du camp, alors on devrait s’attendre à un échange ou deux. Verra-t-on un lanceur partant venir dans l’autre direction? J’en doute, mais ce n’est pas impossible. Si Anthopoulos est prêt à bonifier son offre, peut-être pourra-t-il ravir Jeff Samardzija aux Cubs qui ont toujours des difficultés à s’entendre avec leur lanceur pour une extension de contrat. Je me contenterais même d’un joueur de 2e but décent.

Les questions et défis à l’aube de la saison 2014 des Blue Jays

Melky Cabrera

Melky Cabrera

À pareille date l’an dernier, l’optimisme était à son comble chez les partisans des Blue Jays. Les méga-échanges avec les Marlins et les Mets laissaient promettre des jours meilleurs à Toronto, et même les preneurs au livre de Las Vegas plaçaient les bleus champions de la série mondiale.

Mais ce n’est pas tout à fait le film que nous avons vu la saison dernière. Les Jays avaient un problème de profondeur, et ça n’a pris que deux semaines pour tester la résilience de l’équipe lorsque Jose Reyes s’est blessé à la cheville à Kansas City. Alors, quelles sont les questions et les défis des Blue Jays pour 2014?

1. Quels seront les lanceurs qui composeront la rotation des partants

D’entrée de jeu, il y a trois noms qui doivent être là : R.A. Dickey, Mark Buehrle et Brandon Morrow. Ils sont tous en santé à l’heure actuelle, et les premiers rapports venant du camp disent que Morrow a augmenté sa masse musculaire. Dickey ne commencera pas la saison avec des malaises au dos comme l’an dernier (du moins, on le souhaite) et a un an d’expérience dans les confins du Centre Rogers là où la balle voyage beaucoup plus qu’il ne l’avait anticipé. Les premiers rapports veulent également que J.A. Happ soit aussi de la rotation partante. Lors de l’événement « State of the Franchise », le gérant John Gibbons a indiqué que Happ avait beaucoup travaillé à sa motion et que les Jays avaient changé l’angle de son bras lorsqu’il livrait ses lancers, question de lui donner plus de mordant sur ses balles à effet. Je ne vous cacherai pas que Happ ne m’inspire pas beaucoup, mais il a bien lancé en septembre (apparemment le changement à l’angle de son bras avait eu lieu à ce moment-là), et il a du chien. Pour ce qui est du cinquième lanceur, les choses se compliquent.

Alex Anthopoulos a indiqué plusieurs fois durant la saison morte qu’il cherchait à ajouter un lanceur à la rotation, que ce soit à travers le marché des joueurs autonomes ou un échange. Une des cibles présumées d’Anthopoulos vient de signer avec les Orioles (Ubaldo Jimenez), et pour plus d’argent que tout le monde s’attendait à voir. Il ne reste qu’un agent libre de calibre encore disponible, Ervin Santana, et nul doute que son prix va augmenter avec ce que Jimenez a reçu ($50 millions sur 4 ans). Anthopoulos cherchait une aubaine et a laissé le marché aller pendant plusieurs semaines dans l’espoir de voir les prix descendre. Si Santana est subitement hors de prix, qu’est-ce qui reste? Les Cubs ont laissé entendre dans le passé proche qu’ils étaient ouvert à trouver preneur pour Jeff Samardzija puisqu’ils ont du mal à s’entendre avec lui sur un contrat à long terme. Le hic, c’est qu’Anthopoulos n’a plus grand-chose à offrir en échange. Il a bien un surplus de releveurs, mais pour un lanceur de ce calibre, ça ne fera pas la job. Je pense qu’on verra un lanceur maison prendre le poste de 5e partant. Bien que les Jays disent en début de camp qu’ils verraient Kyle Drabek et Drew Hutchison commencer la saison à Buffalo puisqu’ils n’ont pas lancé l’an dernier (ils ont tous les deux eu des chirurgies Tommy John), l’un ou l’autre sont des possibilités, en plus de Marcus Stroman et peut-être même Aaron Sanchez. Il y a aussi Dustin McGowan qui veut une chance d’intégrer la rotation, et Todd Redmond pourrait se voir offrir une chance du simple fait qu’il n’a plus d’option à son contrat (de même qu’Esmil Rogers et McGowan).

2. Un nouveau duo de receveurs
Dioner Navarro sera le partant cette année, mais son suppléant n’est pas encore choisi. Josh Thole part avec une longueur d’avance puisqu’il est déjà établi qu’il peut attraper les balles papillons de Dickey, mais le nouveau venu Erik Kratz pourrait lui souffler le poste s’il arrive à prouver qu’il peut également travailler avec Dickey. Il a passé une semaine avec Dickey cet hiver pour se familiariser avec le lancer, et a travaillé avec lui en début de camp. Kratz a plus d’expérience que Thole, un bâton plus ou moins équivalent (ce qui n’est pas dur à battre) et une bonne réputation en défensive. Thole a toujours des options à son contrat et pourrait être envoyé à Buffalo. Il n’est pas dit qu’on ne verra pas Thole et Kratz dans le même alignement. Si vous êtes du type pessimiste, vous savez que Navarro n’a pas été partant depuis 2009. Sera-t-il durable à ce poste en 2014?

3. Un duo Izturis / Goins au 2e but?
Un autre endroit où Anthopoulos avait du travail à faire de l’avis de plusieurs (moi y compris) était au 2e but. Il semblerait que nous débuterons la saison avec Goins comme partant, ou Izturis. Goins est excellent de défensive, mais beaucoup moins à l’offensive. Pour ce qui est d’Izturis, il a connu une saison particulièrement exécrable en 2013 tant en défensive qu’à l’offensive, alors les attentes sont modestes. Ce n’est pas une paire qui excite, on s’entend. On pourrait être surpris, du genre que Goins se met à frapper comme un pro, ou qu’Izturis redevienne le joueur qu’il a été il n’y a pas si longtemps, mais ce n’est pas un espoir que j’aimerais vraiment entretenir. Il reste des agents libres (premier entre tous, Stephen Drew, qui a indiqué qu’il était ouvert à un déménagement au 2e but) et des cibles potentielles d’échange (je pense surtout à Nick Franklin qui a perdu son porte à Seattle avec la signature de Robinson Cano). Est-ce que les Jays feront des améliorations, ou se contentera-t-on des joueurs en place?

4. De santé et de profondeur
À part Dickey et Buehrle, aucun lanceur n’a pu se maintenir dans la rotation des partants sans un séjour (et des fois plusieurs) sur la liste des blessés. On se souhaite que ce sera moins pire cette année, mais on peut déjà se consoler un peu à l’effet qu’il y aura de la relève disponible cette saison, et pas seulement des lanceurs en fin de carrière qui étirent la sauce dans le AAA (en 2013 par exemple : Ramon Ortiz, Justin Germano, Chien-Ming Wang, Dave Bush). On a déjà parlé de Kyle Drabek et de Drew Hutchison, mais il y aura également Chad Jenkins, Sean Nolin, Aaron Sanchez et Marcus Stroman, en présumant qu’aucun d’entre eux ne sera de l’alignement partant des majeures.

Pour le reste, les échos du camp sont positifs. Jose Reyes jure que sa cheville est complétement rétablie. On espère que Melky Cabrera retrouvera ses jambes après le retrait de la tumeur qu’il avait à la base de sa colonne vertébrale. Brett Lawrie est aussi en santé et bénéficiera d’un camp d’entraînement complet avec son équipe. On touche du bois.

5. Les positions qu’il reste à combler
D’abord, nous devons parler du duo qui occupera la position de frappeur désigné. Adam Lind sera de retour, de même qu’Edwin Encarnacion, mais en général, nous avons un autre frappeur droitier pour remplacer Lind contre les lanceurs gauchers. À date, les indications venant de l’équipe placent Moises Sierra à cette position. Il ne lui reste plus d’options alors il sera exposé au ballotage si on ne lui trouve pas une place. Il peut servir de 4e voltigeur, mais il s’est également entraîné au premier coussin durant la saison morte pour donner plus de flexibilité à l’équipe quant à son usage.

Au niveau de l’enclos des releveurs, il y a encore trop de lanceurs pour le nombre de postes disponibles, et certains d’entre eux n’ont plus d’options. Si nous avons un enclos de 7 releveurs (ce qui est la norme dans les majeures, malgré que les Jays ont eu un enclos de 8 releveurs ces deux dernières saisons au moins), on peut déjà placer ces cinq noms sur la liste à mon avis : Janssen, Santos, Cecil, Delabar et Loup. Pour les deux derniers postes, nous avons le choix entre Wagner, Rogers, Redmond, McGowan et Jeffress. Les quatre derniers n’ont plus d’options, et je trouve vraiment que Wagner mérite de rester sur l’alignement. S’il y a du mouvement au niveau des échanges chez les Jays, ce sera probablement dans ce département que ça va se produire.

À Toronto, rien de nouveau

Les lanceurs et receveurs doivent se rapporter au camp d’entraînement dans les prochains jours, mais à Toronto (comme dans la plupart des majeures), les nouvelles sont rares. La rumeur veut que les Blue Jays cherchent toujours un autre lanceur partant, possiblement dans les rangs des agents libres. Il est moins clair que les Jays cherchent aussi pour un autre joueur de 2e but, mais il y a eu des rumeurs qui ont fait surface à l’effet qu’ils auraient parlé aux gens de Stephen Drew, agent libre qui jouait à l’arrêt-court pour les Red Sox la saison dernière. Il est apparemment ouvert à se relocaliser de l’autre côté du 2e coussin, mais il est aussi représenté par l’agent Scott Boras, avec qui les Bleus ont une histoire ténébreuse. Ça n’empêche rien, mais ça n’aide certainement pas.

D’ordinaire, les amateurs et journalistes sortent de l’événement pour les détenteurs de billets de saison « State of the Franchise » (l’état de la franchise, un jeu de mot sur le discours annuel du président des États-Unis « State of the Union ») avec quelques réponses à leurs questions, mais rien cette année. On a renouvelée la promesse de mettre une surface gazonnée à l’intérieur du Centre Rogers (d’ici 2018), ce qui implique un déménagement des Argonauts de la ligue canadienne de football vers un autre stade torontois, probablement BMO Field, le domicile du club de soccer de la MLS local. Le directeur-gérant Anthopoulos a indiqué qu’il avait toujours des ententes potentielles d’échanges ou de signatures d’agents libres qui lui étaient disponibles, mais il n’était pas satisfait des prix qu’on lui offrait.

Il reste deux, peut-être trois lanceurs de haut niveau (terme très relatif s’il en est un) sur le marché des agents libres. Bronson Arroyo en était un autre avant qu’il ne signe avec les Diamondbacks hier. Je ne crois pas qu’il était une option viable pour les Jays, mais il était sur la liste. Il reste Ubaldo Jimenez, Ervin Santana et possiblement A.J. Burnett. Dans le cas de ce dernier, ce serait très étonnant qu’il revienne à Toronto. Il a quitté l’équipe en 2009 pour jouer plus près de son domicile, alors un retour serait plutôt bizarre. Pour lui, je crois que ce sera les Pirates une nouvelle fois ou la retraite.

Jimenez et Santana sont deux options qui ont des failles possibles au niveau des performances ou des risques de blessure. Jimenez a une motion complexe qui présente des risques de déréglages qui pourraient entraîner une blessure ou la perte du marbre (voir également Ricky Romero). Certains commentateurs avancent également que Jimenez manque d’intensité ou de focus lorsqu’il ne joue pas pour un renouvellement de contrat (on donne en exemple sa saison 2011 au Colorado où il se plaignait ouvertement de son salaire et où il aurait créé des dissensions dans la chambre des joueurs). Pour Santana, on s’inquiète de la santé de son coude, de ses performances en dents de scie (malgré une bonne saison 2013, il ne faut reculer que d’une année pour trouver une de ses saisons exécrables de récente mémoire avec les Angels) et de ses demandes salariales apparemment hors de proportion avec sa réelle valeur marchande (sa plus récente demande serait de $60 millions pour 4 ans, ce qui est assez salé pour un joueur de son calibre).

La disponibilité de ces deux joueurs à ce stade-ci tient beaucoup du fait qu’ils coûteront un choix de première ronde au repêchage à l’équipe qui ira les chercher, à moins d’être dans la même position que les Blue Jays qui voient leurs choix de première ronde (ils en ont deux – leur régulier, et un choix qui compense pour le fait de ne pas avoir signé leur premier choix l’an dernier) protégés du fait qu’ils ont terminé la saison parmi les dix pires fiches victoires-défaites. Voici une situation où ça paye d’être poche.

La situation pour Jimenez et Santana risque de traîner jusqu’à l’ouverture des camps (un peu comme pour Kyle Lohse l’an dernier), et si les Jays venaient à ne pas signer l’un ou l’autre, ils ont de jeunes bras qui peuvent possiblement prendre le relais (Hutchison, Drabek, Stroman, Sanchez ou Nolin). Vous remarquerez que je n’ai pas listé Romero ou McGowan, le premier parce qu’on ne sait vraiment pas s’il se retrouvera un moment donné, et l’autre puisque le stress supplémentaire de le faire migrer de nouveau de releveur à partant pourrait être critiquement néfaste pour son bras, lui qui a passé plusieurs saisons en réhabilitation pour une panoplie de blessures. Avec l’ouverture des camps, nous devrions avoir des amorces de réponses très bientôt.

Tanaka signe avec les Yankees, les Jays évitent l’arbitrage, et les reprises vidéo

Masahiro Tanaka dans son uniforme des Golden Eagles de Rakuten (source inconnue)

Masahiro Tanaka dans son uniforme des Golden Eagles de Rakuten (source inconnue)

Le dénouement de la poursuite de Tanaka par les Majeures a un petit quelque chose de déjà vu. Et ce n’est pas comme si nous n’étions pas avertis. Les Yankees avaient clairement indiqué que la signature de Tanaka était parmi leurs priorités cet hiver. Ceci dit, les Dodgers et les Cubs avaient laissé entendre qu’ils ne seraient pas battus dans leur quête pour l’artilleur japonais de 25 ans. Ils se sont trompés.

Masahiro Tanaka a signé avec les Yankees une entente de 7 ans évaluée à $155 millions US, assortie d’une clause de retrait après 4 ans. Cette entente pousse les Yankees au-delà de la barre de $189 millions pour leur masse salariale totale pour 2014, ce qui veut dire qu’ils seront sujets à la taxe de luxe, et comme ce sera leur cinquième année consécutive, ça va en être une salée. Pour faire vraiment simple comme explication, le baseball majeur calculera la différence entre la masse salariale des Yankees et le « plafond » de $189 millions, puis imposera une taxe sur cette différence due à la ligue. Le taux d’imposition grimpe avec le nombre d’années consécutives qu’une équipe passe au-dessus du plafond. En 2013, le taux des Yankees était de 50%, alors ils ont versé une taxe à la ligue équivalente à la moitié du total des salaires qu’ils ont versé au-delà de la barre de $178 millions, le plafond pour 2013. La saison dernière, les Dodgers en étaient à leur première année au-delà de la barre depuis des lustres, et leur taux s’est élevé à 17,5% selon ESPN. Ça n’a pas eu l’air de leur faire trop mal, puisqu’ils ont tout récemment signé une entente avec leur lanceur étoile Clayton Kershaw pour en faire le l’artilleur le mieux payé de la ligue. Bref, la taxe de luxe, y’a rien là..!

L’ironie dans tout cela est que les Yankees ont fait une multitude d’efforts pour passer sous la barre depuis deux ans, laissant partir plusieurs agents libres (dont le Québécois Russell Martin et plus récemment Robinson Cano) plutôt que de risquer l’escalade. Puis, cette saison morte, toute cette discipline s’est envolée, le temps d’aller chercher plusieurs agents libres (Carlos Beltran, Jacoby Ellsbury et Brian McCann) et Tanaka. Cette comédie par rapport aux salaires et au nouveau comportement responsable des Yankees ces deux dernières saisons, c’était quoi finalement? Si vous me dites que ça rime avec un mot de 5 lettres qui commence par m, je vous suis.

Les Blue Jays évitent l’arbitrage une nouvelle fois

Croyez-le ou non, mais les Jays ne sont pas passés devant un arbitre salarial depuis 1997. Cette saison, trois joueurs étaient éligibles, et Alex Anthopoulos a réussi à s’entendre avec chacun d’entre eux avant la date limite : Brett Cecil, Colby Rasmus et Esmil Rogers. Ils en ressortent tous avec un contrat d’un an : Rasmus pour $7 millions, Cecil pour $1,3 et Rogers pour $1,85. L’arbitrage salarial, on le sait, peut être extrêmement déplaisant pour les deux parties, et laisser des séquelles à long terme. Après tout, d’un côté on a le joueur qui tente de démontrer toute sa valeur, et de l’autre son équipe qui détruit systématiquement ces arguments et tente de convaincre l’arbitre que le joueur n’est pas si bon que ça après tout. Avouez que ça laisse un froid.

Les reprises vidéo approuvées pour 2014

Voici un sujet sur lequel j’ai toujours été un peu assis entre deux chaises. D’un côté, j’aime bien qu’on soit le plus exact possible lorsqu’on parle de décisions qui influencent l’issue d’un match important. De l’autre, le match est déjà assez long pour l’amateur moyen, est-il nécessaire d’en rajouter? Pour le baseball majeur, la réponse est oui. Ce seront les arbitres qui en appelleront de leurs propres jugements, à part pour le gérant de chaque équipe qui aura une opportunité d’en appeler, opportunité qui lui sera remise si l’issue de l’appel va en sa faveur (un peu comme au football américain). Cet appel du gérant devra être fait dans un délai raisonnable. Je vois déjà la première engueulade sur le délai raisonnable quand un gérant appellera d’une décision juste avant de remplacer son lanceur pour permettre au releveur de se réchauffer le temps que les arbitres regardent la télé… Si ça peut éviter une autre débandade comme la perte du match parfait d’Armando Gallaraga en 2010, ça en vaudra la peine.

Point positif dans cette décision, les reprises vidéo seront dorénavant permises sur les écrans géants à l’intérieur des stades de baseball. Il était grand temps que ça se fasse. Quand on se dit qu’on en voit plus sur la partie en restant assis chez soi dans certaines situations, je crois qu’il était primordial d’instaurer cette politique et remettre l’amateur qui assiste au match au stade au centre des préoccupations de la ligue, et non l’estime personnelle des arbitres qui voient leurs décisions remises en question en direct sur l’écran géant.

A-Rod perd en arbitrage, Tanaka offert aux majeures, et les implications pour les Jays et Yankees

Alex Rodriguez (Source: Associated Press)

Alex Rodriguez (Source: Associated Press)

Nous avons appris hier ce qui devrait être le dernier mot sur la suspension d’Alex Rodriguez, et bien que la suspension ait été revue à la baisse, à 162 parties (donc une saison complète), il s’agit de la suspension la plus longue jamais imposée par le baseball majeur (à l’exception de suspensions à vie, ce qui est déjà arrivé dans le passé, notamment contre huit joueurs des White Sox qui avaient trafiqué l’issue de la Série Mondiale en 1919). On se souviendra que la durée initiale de la suspension devait être de 211 parties. La suspension doit comprendre également les séries d’après-saison en 2014 si les Yankees devaient y accéder.

En gros, les Yankees économiseront un peu au-delà de $22 millions US sur le salaire de base de $25 millions de Rodriguez pour 2014. La convention collective définie la saison comme ayant 183 jours, alors Rodriguez sera payée pour la différence entre 162 et 183, donc un peu moins de $3 millions. Cet espace salarial sera disponible pour les Yankees pour la saison pour les aider à passer sous la barre des sanctions pour les masses salariales trop élevées, ce qu’on appelle communément la taxe de luxe. Rodriguez veut en appeler en cour fédérale, mais historiquement celle-ci ne casse pas les verdicts d’arbitres dans des disputes concernant des ententes collectives.

Lorsqu’on sait que les Yankees sont intéressés à signer le lanceur japonais Masahiro Tanaka, cet espace salarial est précieux. Pour faire de l’espace sur leur alignement de 40 joueurs, le voltigeur et ex-Blue Jays Vernon Wells a été désigné pour assignation. S’il n’est pas récupéré par une autre équipe, il ne jouera pas cette saison. Les Yankees n’économisent pas beaucoup du point de vue salarial (malgré le salaire de base de $21 millions de Wells pour 2014) puisque les Angels assumaient $18,6 millions en vertu de leur entente conclue lors de l’échange qui a emmené Wells à New York. Si une autre équipe le ramasse au ballotage, elle ne sera responsable que pour $500 000, le salaire minimum d’un joueur des majeures.

La situation par rapport à Tanaka

Mon timing étant impeccable, la journée où j’écris sur Tanaka avant Noël est la journée où il est finalement soumis au processus de négociation avec les équipes des majeures pour qu’il puisse évoluer en Amérique du Nord en 2014. Bref, les équipes intéressées doivent verser $20 millions à l’équipe japonaise de Tanaka (Rakuten) pour obtenir la permission de lui parler et tenter de conclure une entente avec lui. La période de négociation expire le 24 janvier. Les équipes qui ne réussiront pas à signer Tanaka se verront rembourser leur $20 millions. Les Blue Jays n’ont pas élaboré sur leur intérêt à signer Tanaka à part pour dire qu’il est un bon prospect que beaucoup d’équipes aimeraient compter dans leur alignement. Ceci dit, la rumeur veut que les Blue Jays sont parmi les équipes qui négocient avec l’artilleur japonais.

Le marché des joeurs autonomes attend une décision sur Tanaka pour débloquer pour le reste des lanceurs disponibles comme Ubaldo Jimenez, Ervin Santana, Matt Garza et Bronson Arroyo. Les Jays ont été liés dans les rumeurs à Santana et Jimenez beaucoup plus que pour Tanaka, mais la signature de ce dernier va donner une référence en ce qui a trait au salaire dû aux autres. Non seulement ça, mais sa signature devrait sortir l’équipe récipiendaire de la course aux autres joueurs autonomes. Jimenez et Santana sont aussi assortis de la perte pour l’équipe qui les signera d’un choix de repêchage, or le choix de première ronde des Jays est protégé de par le fait qu’ils ont terminé la saison 2013 parmi les dix dernières équipes en termes de performance, un avantage certain pour eux s’ils signent l’un de ces deux derniers.

Les Yankees (encore eux) se sont apparemment fixé comme objectif majeur de leur saison morte de signer Masahiro Tanaka. Les autres équipes qui sembleraient intéressées en plus des Blue Jays et Yankees sont les Dodgers de Los Angeles, les Angels d’Anaheim, les Cubs de Chicago, les White Sox de Chicago, les Diamondbacks de l’Arizona, les Indians de Cleveland, les Mariners de Seattle et les Red Sox de Boston. Pour être franc, je vois mal comment une équipe ne seraient pas intéressée, alors cette liste n’est sûrement pas exhaustive, mais elle est rapportée par les médias. Un journaliste de San Francisco a gazouillé que Tanaka serait principalement intéressé par les villes suivantes : New York, Boston et Los Angeles. Lui et la majorité des joueurs de baseball de la planète, alors on n’en fera pas de cas.

De la liste des équipes ci-haut, il n’y a que les Dodgers que je verrais facilement passer leur tour. Leur rotation actuelle est composée de Clayton Kershaw, Zack Greinke, Hyun-Jin Ryu, Dan Haren et deux autres lanceurs qui reviendront potentiellement cette saison après des chirurgies, Josh Beckett et Chad Billingsley. Oui, ils ont de l’argent qui leur sort des oreilles, mais les Dodgers n’ont que 25 espaces sur leur banc, comme toutes les autres équipes. S’ils ramassent Tanaka, à grand frais, ça va commencer à être très lourd sur le portefeuille, et ils pourraient éventuellement s’exposer à la taxe de luxe pour une deuxième année consécutive. La masse salariale des Dodgers était de $243 millions l’an dernier (la limite l’an dernier était fixée à $178 millions).

La taxe de luxe augmente non seulement sur la masse salariale totale d’une équipe, mais aussi selon le nombre d’années consécutives pour laquelle l’équipe se qualifie pour celle-ci. Par exemple, le taux de la taxe imposée aux Yankees était de 50% puisqu’ils en étaient à la 4e année consécutive au-delà de la masse salariale maximale, alors que les Dodgers avaient un taux de 17,5% en 2013, puisqu’ils n’étaient pas au-delà de la barre en 2012. Les Yankees veulent vraiment passer sous la barre en 2014, ce qui remettrait leur pendule à zéro pour ce qui est de la taxe. Avant la décision arbitrale contre Rodriguez et la démotion de Vernon Wells, la masse salariale des Yankees pour 2014 s’élevait à $177,7 millions. Les Yankees doivent également composer avec le salaire de joueurs éligibles à l’arbitrage qui ne font pas partie du total actuel (comme Brett Gardner, David Robertson et Ivan Nova, notamment). L’arbitre vient de leur donner un solide coup de main. Ceci dit, la signature de Tanaka pourrait les repousser au-delà de la barre, qui est fixée à $189 millions en 2014. On s’attend que Tanaka ramassera entre $15 et $20 millions par saison lorsqu’il conclura son entente avec une équipe des majeures.

Autour du 2e but

Robinson Cano (Source: DEAN RUTZ / The Seattle Times)

Robinson Cano (Source: DEAN RUTZ / The Seattle Times)

Mon dernier billet parlait dérisoirement de la possibilité totalement farfelue à mon avis que Robinson Cano signe avec les Mariners. Ah ben coudouc… Il peut bien jouer où il veut (et à ce prix-là – $240 millions sur 10 ans, on ne peut pas le blâmer…), mais les « acteurs de soutien », pour ainsi dire, laissent un peu à désirer à Seattle. À part Cano et deux lanceurs élites (Hernandez et Iwakuma), il reste qui? Le canadien Michael Saunders? Oui, ok, il est correct. À part ça? Jesus Montero? Il lui reste pas mal de croûtes à manger pour être un joueur d’élite. Je pense que les Mariners sont arrivés à la même conclusion assez rapidement, et ont conclus des ententes pour emmener chez eux l’ex-Marlin Logan Morrison et l’ex-Brewer Corey Hart (pas celui qui porte des lunettes fumées la nuit, mais celui qui joue au premier but). Leurs conjoints de division ont les poches très creuses et les Athetics sont déjà les Rays de cette division, alors il reste aux Mariners à devenir les Orioles de l’Ouest. Il n’y en aura pas de facile.

Chez les Blue Jays, les choses ont été très tranquilles. Beaucoup de discussions, de rumeurs, mais peu de concret. Alex Anthopoulos, toujours à chercher des anomalies à exploiter dans le système, est allé chercher un joueur lors du repêchage de la règle 5 pour l’échanger prestement pour de l’espace salarial au repêchage international. C’est quoi la règle 5? En bref, après un certain niveau d’expérience dans les mineures, si un joueur n’est pas protégé par son insertion dans l’alignement de 40 joueurs de son club, il est exposé à un repêchage spécial. Si le joueur en question est réclamé lors de ce repêchage, l’équipe qui l’a repêché doit le garder sur leur alignement des majeures pour l’entièreté de la saison, ou le retourner à son équipe d’origine. Cette règle fait en sorte qu’une équipe ne peut pas bloquer des joueurs de talents dans les mineures indéfiniment dans le simple but d’assurer la profondeur de leur banc. L’ordre de repêchage est le même que pour le repêchage amateur (les pires équipes choisissent en premier), et il semblerait que les Angels, chez qui nous avons envoyé le dit joueur réclamé lors de ce repêchage, voulait vraiment ce joueur et étaient prêts à échanger une partie de leur enveloppe de boni pour les joueurs internationaux (i.e. ceux qui ne se qualifient pas au repêchage régulier, comme les Cubains ou les Vénézuéliens, par exemple) pour l’acquérir. Oui, c’est un peu compliqué…

Est-ce que les joueurs japonais sont touchés par ces règles sur les joueurs internationaux non-éligibles au repêchage? Non. Ils ont leur propre système… Pourquoi je vous parle de ça maintenant? Parce qu’il semblerait que les ligues majeures japonaises se sont finalement entendues sur le nouveau système de soumission des joueurs issus de leur ligue. C’est important pour les Blue Jays et le reste des ligues majeures américaines cette année à cause du lanceur Masahiro Tanaka. Je vous en ai parlé fin octobre (le 29 pour être exact). La nouvelle règle veut que toutes les équipes américaines qui indiquent un intérêt et dépose un montant d’argent en ce sens, jusqu’à concurrence de $20 millions US, auront le droit de négocier avec le joueur en question. Seule l’équipe qui s’entend avec le joueur sur un contrat verse le $20 millions à son équipe japonaise, une somme qui est due au-delà du contrat conclu avec le joueur en question. Auparavant, seule l’équipe avec la plus grosse soumission parlait au joueur d’intérêt, le dernier en lice étant Yu Darvish, qui a rapporté au-delà de $50 millions à son équipe japonaise. Si tôt cette annonce faite, les Golden Eagles de Rakuten, qui détiennent les droits de Tanaka, ont dit qu’ils n’étaient plus convaincus de vouloir soumettre Masahiro au processus puisqu’ils n’obtiendraient pas autant d’argent qu’ils s’attendaient à avoir. De son côté, Tanaka se dit impatient de se voir soumis au processus. L’intrigue est à un point tel que les autres équipes japonaises voudraient compenser les Golden Eagles pour leur « perte » puisque c’est un sacré bon deal pour le reste de la ligue japonaise. La suite en janvier…

Toujours du point de vue japonais, Munenori Kawasaki s’est entendu avec les Blue Jays pour une autre saison, toujours avec un contrat des ligues mineures et une invitation au camp d’entraînement de l’équipe des majeures. On sait qu’il songeait à un retour au Japon où il avait des offres de contrat, mais il tentera sa chance de nouveau avec Toronto et tentera d’obtenir un poste de réserviste avec les Bleus plutôt qu’avec les Bisons de Buffalo (qui ont tout juste perdu leur entraîneur Marty Brown, qui tentera sa chance ailleurs après qu’on l’ait ignoré pour les postes d’antraîneurs vacants à Toronto).

Il reste donc aux Blue Jays à se fixer sur un joueur de 2e but : Goins (que John Gibbons a louangé aux rencontres hivernales), Izturis, ou quelqu’un de l’extérieur. La liste des candidats possibles s’est raccourcie au cours des dernières semaines, Omar Infante signant à Kansas City et Mark Ellis à St-Louis, mais il reste possiblement Dustin Ackley (SEA) pour qui l’arrivée de Cano le rend surnuméraire, Espinosa (WAS) qui frappe un peu mais qui est retiré au bâton à un rythme alarmant, Brandon Phillips (CIN) qui a un contrat exorbitant, et finalement Jim Carroll (agent libre), qui respire. Ackley et Espinosa sont intéressants, dépendamment de ce que leurs équipes respectives demandent en retour.

En terminant, je ne ferai pas le tour de tous les échanges dans les majeures, mais je soulignerai deux gros noms et un moyen qui ont signé dernièrement (ils étaient tous agents libres) : Carlos Beltran avec les Yankees, Shin-Soo Choo avec les Rangers, et le releveur (et potentiellement nouveau « closer ») Grant Balfour avec les Orioles.

Sur ce, passez une joyeuse période des Fêtes, et on se retrouve dans la Nouvelle Année qu’on se souhaite à tous remplie de bonheur, de santé et de prospérité.

Remplir la piscine

Rob Rasmussen (Source: MiLB.com)

Rob Rasmussen (Source: MiLB.com)

Nous savons que les Blue Jays ont beaucoup de releveurs, et nous savons que plusieurs d’entre eux sont à court d’options, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas être renvoyés dans les mineures sans d’abord passer au ballotage, et pour la majorité d’entre eux (si ce n’était de Dustin McGowan, je vous dirais la totalité), ça voudrait dire que les Jays les perdraient sans compensation (voici la liste : Santos, Cecil, McGowan, Rogers, Redmond, Jeffries et Luis Perez). Alex Anthopoulos a commencé à faire de la place et trouver un bon port pour l’un d’entre eux hier, Brad Lincoln. Il passe aux Phillies en retour d’un lanceur prospect de 24 ans et d’un receveur suppléant de 33 ans.

Brad Lincoln, vous vous souviendrez peut-être, est passé aux Jays il y a deux saisons en retour du voltigeur Travis Snider. Il a manqué une bonne partie de cette saison due à une blessure, et en a arraché un peu lorsqu’il est retourné à l’alignement, mais c’est un bon releveur. En retour de Lincoln, Anthopoulos est allé chercher un peu de profondeur avec deux joueurs qu’il peut envoyer aux Bisons (AAA) et rappeler si besoin est.

Le lanceur droitier que les bleus ont obtenu est Rob Rasmussen. Il a passé les quatre dernières saisons de sa jeune carrière à divers degrés dans les mineures pour quatre organisations différentes (Marlins, Astros, Dodgers et Phillies). Les choses progressaient assez bien malgré tous ces échanges, mais la saison dernière, il s’est fait frapper solide avec l’équipe AAA des Dodgers (une ligue qui est sans pitié pour les lanceurs, puisque la plupart des stades sont en altitude et les matchs joués dans des températures torrides, ce qui diminue de beaucoup le mouvement des balles à effet). Mis à part cette difficile expérience, c’est un lanceur moyen, mais qui a du potentiel.

Pour ce qui est d’Erik Kratz, c’est un receveur de 33 ans qui a connu sa première saison (ou partie de saison) dans les majeures à l’âge de 30 ans chez les Pirates. Il est passé chez les Phillies la saison suivante où il a principalement évolué pour leur club AAA, et a été installé comme receveur suppléant dans l’alignement majeur en 2012. C’est un survivant, en quelque sorte; un gars qui a trimé dûr dans l’obscurité des mineures pour une éternité et s’est finalement vu offrir une opportunité dans un grand club. Il a une bonne réputation du côté défensif, moins à l’offensive (autrement il serait partant ou serait monté dans les majeures bien avant 2010). Il se rendra au camp d’entraînement ce printemps avec la chance de reléguer Thole à Buffalo, ou y aller lui-même. Compte-tenu des doutes (justifiés, à mon avis) sur la durabilité de Navarro comme partant, Kratz offre une bonne police d’assurance pour les Jays qui n’auront pas à pousser Jimenez à l’avant-plan avant qu’il ne soit fin prêt.

Il y a encore trop de releveurs pour le nombre de postes disponibles, et pas assez d’entre eux qui ont des options disponibles, alors attendez-vous à ce que les Blue Jays concluent d’autres marchés d’ici le début de la saison s’ils ne veulent pas perdre des actifs sans compensation.

Les Yankees frappent encore

Les Yankees ont poursuivi leur magasinage des Fêtes en allant chercher le voltigeur de centre Jacoby Elsbury pour une entente réputée être pour 7 ans et plus de $150 millions. On peut présumer par là que l’agent libre Curtis Granderson, que j’aime bien, devra aller voir ailleurs (la rumeur veut qu’il parle aux Mets). On peut s’étonner de voir les Yankees dépenser autant compte-tenu qu’ils voulaient passer sous la barre des $189 millions en salaires pour la saison prochaine (le plafond au-dessous duquel une équipe doit passer sans payer de taxe de luxe au reste de la ligue) et sachant qu’ils n’ont toujours pas conclu avec Robinson Cano en plus de vouloir signer Masahiro Tanaka à l’encan. Ou non. Après tout, ce sont les Yankees. Les partisans des Red Sox vont avoir de la difficulté à passer cette nouvelle, je crois…

Parlant ex-Red Sox, Jarrod Saltalamacchia a signé pour 3 ans et 21 millions à Miami. Ça aussi, c’est surprenant.

Les Tigers ont signé le releveur Joe Nathan. Nathan est un « closer », et quiconque s’est tapé la finale de la ligue Américaine cette année (ou même la série mondiale l’année d’avant) a vite constaté que l’enclos des Tigers n’est pas souvent beau à voir. Il leur manquait quelqu’un de fiable pour passer derrière leur alignement ridiculement bon de lanceurs partants (Verlander, Sherzer, Fister, Sanchez, Porcello) pour « finir la job ». Nathan est un début de solution, mais il a beaucoup de kilométrage. On verra bien.

En terminant, les Rays ont ramassé Heath Bell des Diamondbacks de l’Arizona et Ryan Hanigan des Reds de Cincinnati dans un échange à trois. Les autres joueurs impliqués sont des prospects (et de l’argent). Bell a un nom à refaire après la saison affreuse qu’il a connue à Miami en 2012, ce qu’il a fait dans une certaine mesure l’an dernier (ce n’est pas encore la mer à boire, mais bon…), et les Diamondbacks économisent un peu de salaire en le laissant aller. En ajoutant Hanigan, les Rays ont maintenant deux receveurs qui excellent en défensive mais qui ne frappent pas (l’autre étant Jose Molina).

Et sans plus de commentaires, voici deux autres transactions mineures : l’agent libre Justin Morneau passe aux Rockies et Dexter Fowler aux Astros en échange de Jordan Lyles et Brandon Barnes. Et les Mariners songent sérieusement à Robinson Cano, qu’ils ont rencontré tout récemment. Je pense que cette dernière nouvelle est n’importe quoi, mais j’imagine qu’on n’est pas à court de surprise d’ici à la rencontre d’hiver du baseball majeur la semaine prochaine.