Russell Martin avec les Blue Jays pour 5 ans

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Dans un développement qu’on pourrait qualifier de surprise (dans mon cas, c’en est certainement une), les Blue Jays ont paraphé une entente de 5 ans d’une valeur de $82 millions avec le receveur Russell Martin. Martin est né à East York (où je demeure actuellement) et a grandi à Montréal (où j’ai vécu 10 ans). Non, ce n’est pas une nouvelle à propos de moi, je trouvais juste ça comique lorsque je l’ai lu hier. Considérant que les Jays ont déjà courtisé Martin par le passé, pourquoi est-ce si surprenant qu’il s’amène à Toronto?

Commençons par le simple fait que c’est un agent libre qui signe un gros contrat à Toronto. Qu’un agent libre écoute même ce que les Blue Jays ont à dire est déjà surprenant. Que ce soit à cause de leur terrain en gazon synthétique, ou leur stade favorisant les frappeurs, ou le simple fait que l’équipe évolue au Canada et que plusieurs américains n’ont aucune espèce d’idée que le style de vie à Toronto est semblable aux États-Unis (à part le fait que les chances de se faire tirer dessus sont beaucoup moindre, et que l’argent n’est pas monochrome et dorénavant en plastique), il y a toujours une bonne raison pour la plupart des joueurs de passer leur tour. Le gazon synthétique y est souvent cité en cause puisqu’il est plus difficile à jouer et est réputé pour punir les athlètes au niveau physique. À l’avant-champ, les balles arrivent beaucoup plus vite (moins de friction de la surface) et les bonds quelques fois très difficiles à juger, surtout si la balle a toujours de l’effet et qu’elle agrippe la surface (ou plutôt la base du gazon synthétique qui est remplies de billes de caoutchouc et de sable) ou frappe une couture (le gazon à Toronto est composé de plusieurs plaques à l’instar de celui de Tampa, par exemple, alors il y a des joints qui ne sont pas toujours égaux entre celles-ci) pour bifurquer à gauche ou à droite, ce qui n’arrive pas sur du vrai gazon (quoique les faux bonds, ça arrive sur le gazon également). Pour les lanceurs, rares sont ceux qui s’aventurent de leur plein gré dans un stade qui est réputé pour la longue balle. Et pour l’argent, les joueurs ont souvent peur de l’impôt canadien.

Alors Russell était prêt à écouter, mais ne vous leurrez pas à penser qu’il allait donner un rabais à Toronto du simple fait qu’il allait jouer sous son drapeau la moitié de la saison. Le baseball est un business, et les bons joueurs souvent de fins négociateurs eux-mêmes (et c’est sans compter leurs agents). La rumeur veut que l’autre équipe la plus près des Jays pour les services de Martin était les Cubs. Ce qui a apparemment convaincu le receveur étoile est le fait que les Jays ont ajouté une année au contrat, ce que les Cubs n’étaient pas prêts à faire (leur offre la plus généreuse auraient été de 4 ans/$70 millions). On peut comprendre les inquiétudes des Cubs, ou n’importe laquelle équipe des majeures à donner autant d’années garanties à un receveur de 31 ans. Les receveurs sont les joueurs qui vieillissent le moins bien dans le sport dans un job qui ne pardonne pas leurs genoux en particulier, mais vraiment l’ensemble de leur corps. Pensez à toutes les balles fausses et mauvais lancers que vous devez bloquer volontairement ou non, les doigts cassés, les ecchymoses, les coups de bâton derrière la tête, etc.

D’ailleurs, puisqu’on parle d’argent, la façon dont le contrat est étagé est assez particulier, plaçant l’essentiel des obligations budgétaires des Jays dans les trois dernières années ($7M, $15M, $20M, $20M, $20M). On sait que la flexibilité budgétaire des bleus n’est pas très grande pour 2015, s’améliore en 2016, et qu’après ça les obligations de l’équipe déjà engagées sont minimes. Et puis il y a toujours la possibilité d’échanger Martin avant la fin du contrat, puisque celui-ci n’est pas assorti d’une clause de non-échange (aucun contrat des Jays en comportent). Cette structure donne à l’équipe un peu d’espace de manœuvre pour signer une ou deux autres grosses pointures pour la saison prochaine, et j’ai l’impression qu’Anthopoulos va libérer un autre $5M très bientôt en se débarrassant de Dioner Navarro. Pas que ce dernier soit embêtant. Il est relativement compétent derrière la plaque quoique déficient lorsqu’il est temps de « cadrer » les lancers de ses artilleurs (i.e. la faculté de présenter un lancer comme une prise lorsqu’on attrape la balle, autrement dit comment on peut influencer positivement l’arbitre derrière le marbre et lui faire voir ce qu’on veut qu’il voit), une force de Martin qui vaut son pesant d’or et qui ne se perd pas avec le temps autant que la vitesse à laquelle on court, ce qui est aussi un point négatif pour Dioner. Il y a plusieurs équipes qui seraient heureuses de ramasser un receveur à ce prix-là qui est capable de frapper des deux côtés du marbre même s’il court comme s’il transportait un piano à queue sur son dos. Peut-être pourrait-on rapporter un releveur, un voltigeur ou un joueur d’avant-champ intéressant pendant qu’on y est (sauf respect pour Devon Travis, qui on le sait n’a pas encore joué dans le AAA, alors ce serait le fun de lui laisser la chance sans pression avec un autre joueur décent qui réchauffe sa place un an ou deux).

Alors, dans les faits, on ramasse un receveur qui frappe bien, mais qu’on va peut-être surpayer un peu puisqu’il a eu une saison formidable l’an dernier, sa meilleure en carrière. C’est un receveur qui est aussi excellent au niveau défensif. Et c’est un joueur qu’on dit exemplaire au niveau des intangibles, c’est-à-dire que c’est un leader qui a gagné partout où il est passé, y compris une série mondiale. Au niveau du caractère, il s’en trouvera qui placeront celui de Russell comme un bémol plutôt qu’un avantage. Pas jusqu’à dire qu’il a une grande gueule, il a quand même la langue bien pendue et ça ne passe pas toujours bien avec tous ses interlocuteurs. Il a harangué plus d’un joueur adverse, et sa confiance en soi superlative lui a fait dire et faire des choses qui n’ont pas toujours été bien vue, comme lorsqu’il a décliné un rôle avec l’équipe nationale canadienne pour le mondial de baseball en 2013 à moins qu’on ne le fasse jouer à l’arrêt-court, ce qui a laissé l’équipe dans une bien mauvaise position (les receveurs canadiens ne courent pas les rues, encore moins du calibre de Martin) et fait lever les sourcils de plusieurs (oui, il a joué à l’arrêt-court avant sa carrière professionnelle, mais sérieusement, c’était une demande totalement irrationnelle que même Brett Lawrie a décriée en entrée de tournoi). L’espoir ici est qu’il injecte cette attitude magique de gagnant dans le vestiaire des Jays. On y croit ou non, mais c’est la logique utilisée. Son expérience et compétence aidera les jeunes artilleurs des Jays à se développer, ce qu’il a démontré par le passé avec ses employeurs précédents. Et puis il est canadien pour une équipe canadienne. Et il est bilingue de surcroît pour une équipe qui tente depuis plusieurs années de se gagner des amateurs à l’est d’Ottawa. Ça devrait aider (il y a eu une époque où Russell contribuait des billets pour un quotidien montréalais, si je ne m’abuse, à moins que ce soit RDS…).

Qu’est-ce que ça veut dire pour la suite? Est-ce que ça augmente les chances de voir Melky revenir à Toronto? Oui et non. Pour le oui, l’équipe a montré qu’elle est capable de signer des gros noms, qu’elle a de l’argent malgré tout ce qu’on en dit et qu’elle est déterminée à gagner, tous des arguments qui, à offre égale, pourrait convaincre Melky à revenir, surtout qu’il y a un fort contingent dominicain dans le vestiaire à Toronto et ça aussi ça aide. Pour le non, la signature de Martin veut dire que les bleus perdent leur 17e choix au repêchage et que le départ de Melky leur en donnerait un autre en première ronde (pas aussi élévé, mais tout de même). Le rendement offensif de Martin et Cabrera sont très semblables, alors on a théoriquement déjà compensé pour le départ de ce dernier. Et oui, Cabrera va être très dispendieux et il est possible de trouver de quoi de décent sur le marché des joueurs autonomes pour une fraction du prix (Nori Aoki, quelqu’un?). Ou bien on trouve le dit remplaçant dans le cadre d’un échange, ou bien on y va avec les joueurs en place (Pillar, Mayberry Jr. ou Dirks), tous capables de performances honnêtes sans être extraordinaires.

Les attentes seront très grandes à l’endroit de Russell Martin, qui signe le deuxième plus gros contrat de l’histoire de l’équipe après Vernon Wells (7 ans/$126 millions), et le plus gros jamais octroyé par Alex Anthopoulos. On peut voir dans cette entente une tentative de quitte ou double de la part de ce dernier, mais il est toujours important de se souvenir que les Jays ont déjà essayé à plusieurs reprises de signer des gros noms que pour les voir signer ailleurs (le nom de Carl Crawford me vient en tête), quelquefois pour moins d’argent (ce qui serait apparemment le cas de Carlos Beltran) ou invoquer une clause de non-échange lorsqu’on essayait de les obtenir via transaction (il y en a un dégât ici, mais le premier qui me vient en tête est Cole Hamels). Finalement, tout le monde veut jouer pour un gagnant, et les Blue Jays n’avaient pas beaucoup d’ennuis lorsqu’ils devaient signer des gros noms au début des années 90. Est-ce que cette entente fera basculer la balance?

Enfin une solution au 2e but?

Devon Travis (Source: AP)

Devon Travis (Source: AP)

La rencontre des propriétaires et directeurs-gérants du baseball majeur vient de se terminer dans la région de Phoenix (les rencontres d’hiver du baseball majeur, où tout le monde du baseball est invité, se tiendra début décembre), et Alex Anthopoulos a déjà commencé à placer ses pions. Dans une transaction qui a apparemment été conclue très rapidement, les Blue Jays ont envoyé un voltigeur qu’ils avaient en surplus contre un joueur de deuxième but que les Tigers avaient en surplus. Ce sont deux jeunes joueurs au potentiel incertain mais qui pourraient être promis à de belles choses.

Je parle ici bien sûr du voltigeur de centre Anthony Gose, obtenu des Astros en retour de Brett Wallace (qui avait été obtenu des Athletics d’Oakland en retour de Michael Taylor, le tiers du retour que les Jays avaient obtenus des Phillies en retour de Roy Halladay). Gose est rapide. Gose a un méchant bras. Gose est un défenseur modèle. MAIS… Gose ne frappe pas (du moins, pas beaucoup). Les Tigers voient toujours un potentiel où son offensive s’améliorera. Ça se peut très bien. Gose est encore jeune et pourraient effectivement se développer plus avant. Mais à Toronto, il devait composer avec Kevin Pillar et Dalton Pompey qui étaient en train de le dépasser sur l’échelle de profondeur de l’équipe, alors sa meilleure chance était qu’un l’un d’eux (y compris lui-même) change d’adresse pour avoir la chance de devenir partant.

Le nouveau 2e but du futur (qui pourrait très bien devenir le 2e but d’aujourd’hui si les Jays ne concluent pas d’échanges ou d’acquisitions pour changer ce portrait ET que notre nouveau gars connaisse un bon camp d’entraînement) est Devon Travis. Est-il la solution qui manque au 2e depuis le départ d’Aaron Hill en 2011? C’était la meilleure recrue du système (anémique) des Tigers de Detroit (il était classé 84e espoir du baseball par Baseball America en février dernier) et sa progression était bloquée par l’excellent Ian Kinsler, tellement qu’on avait commencé à le faire jouer au champ centre dans l’espoir de combler le trou béant laissé là après l’échange qui a emmené David Price à Detroit en retour d’Austin Jackson (parmi d’autres). Travis a bien frappé à tous les niveaux où il a joué, mais il n’a jamais joué au-delà du AA alors il faut prendre ça avec un grain de sel puisque ces exploits ne se traduisent pas toujours en succès dans les majeures (voir Travis Snider, J.P. Arencibia, et dans une certaine mesure Kevin Pillar).

D’ailleurs, point de vue succès dans les majeures, les opinions sont très partagées sur le potentiel de Devon Travis. Keith Law n’y croit pas, alors que d’autres, dont un dépisteur des Jays nommé David May Jr., y voit un joueur de la trempe de Jose Altuve (et pas juste parce que Devon ne fait pas 6 pieds comme Altuve, mais parce qu’il frappe bien). On s’entend sur son potentiel en défensive, qui est supposé excellent, mais son style inorthodoxe au bâton qui lui réussit bien jusqu’à maintenant est le principal élément qui fait dire à Keith Law qu’il aura du mal à s’adapter aux lanceurs plus sophistiqués qu’il devra affronter dans les majeures. Si on se fie à ce que Alex Anthopoulos a dit en commentant l’échange, il n’est pas dit que Travis n’aura pas le temps d’y travailler plus avant puisqu’il devrait débuter la saison à Buffalo à moins qu’il connaisse un bon camp, etc (je me répète…). Sa compétition à l’interne pour le poste dans le moment est composée de Steve Tolleson, Ryan Goins et Maicer Izturis. Le calibre n’est pas du plus relevé.

Il reste donc du travail à faire pour le directeur-gérant des bleus qui est entré dans l’après-saison avec des postes à remplir au champ extérieur (plus précisément à gauche et au centre), à l’intérieur (soit au 2e ou au 3e, ce qui déplacerait Brett Lawrie si le nouveau joueur serait spécialiste du 3e but) et dans l’enclos. Comme à tous les ans, l’équipe torontoise est liée à tous les joueurs autonomes ou presque puisqu’elle parle à tout le monde. Ainsi on entend des échos que les Jays aimeraient attirer le québécois Russell Martin, Pablo Sandoval et Hank Conger (oh mon dieu, non!), parmi d’autres. Il y avait aussi Victor Martinez dans la liste des suspects, mais les Tigers l’ont rapidement remis sous contrat.

Il y a bien sûr Melky Cabrera que les Jays aimeraient revoir. Une rumeur veut que Melky ait demandé $50 millions sur 3 ans alors que les Jays aient offert $39 pour la même période. C’est une assez grosse différence. Compte-tenu qu’il y a un choix compensatoire attaché à son départ, le marché pour ses services risque d’être long à se développer. S’il devait signer ailleurs, les Jays pourraient aussi considérer Nori Aoki ou Nick Markakis, bien que ce dernier est courtisé par Baltimore qui aimerait bien le voir revenir chez eux.

À l’avant-champ, les Jays se sont apparemment informés sur le marché des échanges sur Chase Utley et Howie Kendrick, qui ont tous les deux des clauses de non-échange qui couvrent Toronto. Au chapitre des agents libres possibles (mis à part Sandoval dont on a déjà parlé), une possibilité plus réaliste est Jed Lowrie, mais aussi Chase Headley. Ce dernier n’a pas connu une bonne campagne en 2014 et il y a de gros doute s’il retrouvera son niveau d’antan puisqu’il n’a jamais semblé complétement recouvrir de sa blessure au ménisque du genou gauche. À jouer sur du gazon synthétique de surcroît, il est fort à parier qu’il préfèrerait regarder ailleurs que chez nous pour poursuivre sa carrière.

Il y aura possiblement un peu d’action le reste du mois, mais les discussions vont vraiment reprendre d’emblée début décembre quand tout le baseball se réunira de nouveau.

Adam Lind part pour Milwaukee, et les Reds iront à Montréal

Adam Lind (source: MLB)

Adam Lind (source: MLB)

Le directeur-gérant Alex Anthopoulos a du travail à faire cet hiver, et il a commencé à brasser des affaires de bonne heure cette saison morte, allant chercher des pièces pour ajouter à la profondeur de l’équipe et se libérant un peu d’espace de manœuvre. Commençons par la profondeur, puisqu’on peut régler ça assez vite.

Anthopoulos est allé chercher le lanceur canadien Jeff Francis et le voltigeur Andy Dirks au ballotage la semaine dernière. Ce sont deux joueurs d’expérience qui n’ont pas beaucoup de valeur au niveau des majeures à ce stade-ci. Disons qu’ils sont limites, et ce sont des options intéressantes si l’équipe doit composer avec beaucoup de blessures. On sait que pour la majorité des troupes de la ligue c’est une réalité avec laquelle il faut composer presqu’à tous les ans. Les Blue Jays ont souvent dû composer avec un manque de profondeur navrant lorsque le sort s’acharnait sur ses réguliers par les années passées alors l’ajout de ces joueurs constitue un effort pour alléger ce problème. Au pire, ce qui n’est pas rien, ça donne de bons éléments à utiliser à Buffalo.

Autre élément de profondeur légèrement bizarre est le retour de Liam Hendricks, échangé tard la saison dernière aux Royals en compagnie d’Erik Kratz pour Danny Valencia. Cette fois, le receveur des mineures Santiago Nessy va à Kansas City et Hendricks retourne à Toronto (ou plus probablement Buffalo). Pour les Jays et Royals, il s’agit là simplement d’une opération de gestion de surplus. Nessy n’allait pas être protégé contre le repêchage de la règle 5 alors il était aussi bon que perdu, et les Royals allaient libérer Hendricks de toute façon. Je ne vous blâmerai pas si vous n’attendez rien de spécial de cet échange (surtout que Hendricks est à court d’option, alors s’il ne fait pas l’équipe en sortie de camp d’entraînement, il retourne au ballotage avant de pouvoir se rendre à Buffalo).

Les Jays ont libéré Sergio Santos, Brandon Morrow et Casey Jannsen et ont fait une offre qualificative à Melky Cabrera. S’ils perdent Cabrera, ils seront donc éligibles à un choix de repêchage. Ceci dit, ils vont essayer de le garder. Les Jays ont aussi exercé les options pour Josh Thole, J.A. Happ et Adam Lind. Dans le cas de ce dernier, l’option n’a été exercée que pour pouvoir l’échanger immédiatement aux Brewers de Milwaukee contre le lanceur Marco Estrada. Estrada est un lanceur plutôt moyen qui a une tendance néfaste, surtout pour un stade de frappeurs comme Milwaukee ou Toronto, à donner beaucoup de ballons. Lorsque ceux-ci sont longs dans des endroits du genre, ça devient des circuits. En ce sens, il a du commun avec Hendricks. Mais il a de bons chiffres périphériques en ce qui a trait aux buts sur balles accordés et retraits sur des prises, et Anthopoulos croit que sa mauvaise saison 2014 ne sera pas garante d’une mauvaise 2015 et que le Centre Rogers n’est pas aussi traître que le Miller Park pour ce qui est de la longue balle. On verra bien.

Plusieurs commentateurs de la première heure étaient déçus du peu de retour reçu pour un excellent frappeur (contre les droitiers seulement) de la trempe de Lind. Il faut regarder Lind comme une autre équipe le regarde. Il est payé 8 millions pour ne frapper que des lanceurs droitiers, jouer un 1er but approximatif en défensive et avoir des malaises récurrents au dos, ce qui est un drapeau rouge géant parce que c’est une blessure pratiquement impossible à guérir ou prévoir. Lind doit voir à son conditionnement physique religieusement, ce qu’on sait qu’il n’aime pas faire. Et puis il y a la barbe absolument horrible qu’il portait cet été. Non, ça n’a pas d’incidence sur sa valeur marchande, mais c’est archi laid quand même. Estrada sera utilisé dans l’enclos des releveurs selon les propos d’Anthopoulos, mais il s’agit là d’une police d’assurance puisqu’il peut également servir de partant (il l’a été à Milwaukee pour une dizaine de matchs la saison dernière avec un succès mitigé). C’est comme acquérir un J.A. Happ à rabais (environ $4 millons pour Estrada contre $6,7 pour Happ). Anthopoulos peut se retourner et échanger Happ (il est dit qu’il y a beaucoup d’intérêt pour lui sur le marché), promouvoir Sanchez ou Norris dans la rotation partante et avoir Estrada prêt à passer la moppe si ce plan s’avère être un échec.

Vous allez me dire que j’ai oublié un joueur, et c’est vrai. C’est exprès, mais il est tout de même important à signaler. Les Jays ont aussi ramassé Justin Smoak au ballotage. Un ancien premier choix des Mariners, on s’attendait à beaucoup de lui. Il a frappé fort dans les mineures, mais a eu un succès approximatif dans les majeures. Smoak a un coup de bâton plus égal contre droitiers et gauchers que Lind, mais il ne frappe pas à un rythme effréné contre les uns ou les autres. Par contre, il frappe beaucoup de longs ballons. À Seattle où les clôtures sont éloignées, ça voulait dire des retraits à répétition (avec un circuit çà et là). Justin s’attend à ce que le Centre Rogers soit plus généreux. Smoak joue au premier but et peut donc remplacer Lind dans le tandem qu’il assurait avec Encarnacion, qui préfère le rôle de frappeur suppléant de toute façon.

Il reste beaucoup de travail à Anthopoulos pour trouver un autre joueur dans le losange, soit au 2e ou au 3e but (Brett Lawrie assurera l’une des deux positions selon le joueur récolté comme agent libre ou par échange). On doit aussi trouver de l’aide au champ extérieur, surtout si on perd Cabrera. Il y a beaucoup de joueurs capables d’assurer un second rôle à ce chapitre chez les Jays actuellement (Gose, Pillar, Mayberry Jr. et Dirks) mais pas de partant (à moins de promouvoir Dalton Pompey dès maintenant au centre, ce qui n’est pas hors de question, mais il est bien tôt pour essayer ça, malgré ce que Gibbons peut en dire). Les prochaines semaines pourraient être intéressantes.

Les Rays à Montréal?

Les Expos ont fait les manchettes encore tout dernièrement, et pas juste à cause de l’annonce d’Evenko à l’effet que les Blue Jays recevront les Reds de Cincinnati en avril prochain dans leur ancien domicile.

Après une saison de misère, les Rays ont fini avec des chiffres d’assistance qui font pitié et ont perdu coup sur coup leur directeur-gérant étoile Andrew Friedman (qui est parti pour diriger les opérations chez les Dodgers, passant d’une équipe parmi les plus pauvres à possiblement l’équipe avec les poches les plus profondes de la ligue avec les Yankees, les Angels et les Rangers) et leur gérant étoile John Maddon (qui ira diriger les Cubs à Chicago). Il n’en fallait pas plus pour que les spéculations sur le déménagement possible de l’équipe à Montréal reprennent de plus belle. D’un côté, La Presse dit que des gens d’affaires de Montréal ont rencontré le proprio des Rays à quelques reprises, alors que ce dernier clame son attachement pour Tampa Bay. La clé est de ne pas lui regarder le nez de trop proche quand il dit ça, au cas où on le verrait s’allonger.

On rappelle que le vieux stade couvert des Rays, situé tout en bas de la pointe de St-Petersburg en direction de Bradenton, est trop loin du centre-ville de Tampa (ou de quiconque, vraiment) pour le rendre facile d’accès. Les transports publics sont déficients et le stade est en bordure d’une autoroute qui mène à un pont toujours très achalandé vers le reste de la côte sud-ouest de la Floride. Tampa veut un nouveau stade financé en partie par le public, mais les différents paliers de gouvernement de l’endroit se sont fait fourvoyer solide par le charmant (sic) Jeffrey Lauria qui s’est fait bâtir une monstruosité à Miami pour ses Marlins, qu’il a vite dépouillé de toutes ses étoiles la minute où le stade a été complété. Les Dolphins ont été les demandeurs d’aide suivants et se sont fait revirer ipso facto. Il n’est pas dit qu’ils n’auront pas d’aide en bout du compte, mais juste là ça regarde mal. Et après ça, il y aura les Rays. Ça ne regarde pas bien.

Ceci dit, les chances que les Rays deviennent les Expos sont bien minces. Il est tout à l’avantage du propriétaire des Rays d’entretenir la possibilité pour s’en servir de levier pour extraire des subventions afin de se faire construire le stade qu’il souhaite. Montréal va servir d’épouvantail jusqu’à ce que ça se produise, n’en déplaise aux amateurs montréalais. Il demeure que c’est une étape obligé d’un retour du baseball à Montréal, comme ça l’a été pour le hockey à Winnipeg. Pour que la menace soit crédible, il faut que le marché qui sert d’épouvantail le soit. Ce n’est pas une méthode agréable de se bâtir une crédibilité comme alternative viable, mais ça marche souvent. Toujours parlant hockey, on assiste au même phénomène avec les Nordiques à Québec, ou pour les marchés de Seattle, Las Vegas et Kansas City (quoique beaucoup moins pour cette dernière ville depuis quelques temps). Il n’est pas dit qu’une ou toutes ces villes verront une équipe de hockey, mais lorsqu’on parle de relocalisation d’équipe, il faut passer par là. Je souhaite à Québec de ramasser une équipe très bientôt. Me semble que ça ferait tellement de sens.

Un mot sur les séries et sur l’après-saison des Blue Jays

2014WorldSeries
Au moment où j’écris ces lignes, la série mondiale se transporte à San Francisco avec les Royals et les Giants à part égale. Je n’ai pas vu venir ce duel, pas plus que les vrais experts en matière de baseball. Ça ne me console pas beaucoup, malgré que mes prédictions d’avant-saison du point de vue du classement se sont réalisées pour la Nationale, mais étaient toutes erronées pour l’Américaine (à part pour la division centrale, où j’ai effectivement placé Détroit et Kansas City un et deux).

Il s’en trouvera quelques-uns pour tenter d’isoler des pistes de solution chez ces deux équipes pour les appliquer chez les Jays. Pour ce qui est des Royals, je peux vous dire tout de suite qu’une de leur force principale est le monstre à trois têtes qui vit dans leur enclos des releveurs. Une fois que les partants se rendent à la fin de la 6e manche avec une avance, les Royals peuvent faire entrer leur trio et fermer les livres plutôt efficacement. Pour le reste, c’est une équipe qui est plutôt anémique au bâton, mais qui compte sur beaucoup de vitesse, jouant à la « petite balle » à merveille (buts volés, amortis sacrifice, etc). Ce qu’ils n’ont pas en puissance, ils compensent en vitesse et avec une défensive étanche. Ils ont aussi réussi à developper des joueurs de leur filiale grâce à beaucoup de patience ou parce qu’ils n’ont pas assez d’argent pour faire autrement. Un dans l’autre, en autant que ça fonctionne, right?

Les Giants ont une rotation partante exceptionnelle malgré que deux de leurs têtes d’affiche à ce chapitre soient écartées du jeu (Tim Lincecum et Matt Cain). Vous allez me dire que Lincecum n’est pas blessé, mais c’est tout comme. Il ne peut même pas acheter une présence en relève en séries éliminatoire alors il n’est vraiment pas un facteur. La relève des Giants n’est pas aussi solide, mais elle tient son bout. Je suis toujours étonné de voir à quel point Sandoval est une bête de série. Pas qu’il soit mauvais le reste de la saison, mais il a le don de rehausser son jeu pour les grandes occasions.

En mars dernier, je voyais les Tigers gagnants. Je serais embêté de choisir un favori ici, mais j’espère que ce sera les Royals. J’ai beaucoup apprécié ma visite là-bas il y a maintenant plusieurs années. Les locaux le méritent.

Les Jays et la saison morte
La saison morte débute officiellement le jour après le dernier match de la série mondiale. Si une équipe doit exercer une option, elle doit le faire avant cette date. Même chose pour les offres qualificatives (qualifying offers) pour les joueurs ayant droit à l’autonomie. Pour les Jays, du point de vue joueurs autonomes, on parle de Casey Jannsen, Colby Rasmus et Melky Cabrera. Les deux premiers ne recevront pas d’offre, mais Cabrera est en discussion avec les Bleus pour un renouvellement. La plupart des commentateurs croient qu’il sera hors de prix pour Toronto. Je ne suis pas si sûr (même Jose Bautista croit que l’équipe à 50% des chances de le signer), mais compte-tenu de l’offre plutôt limitée à cette position dans le marché des joueurs autonomes, les risques qu’une équipe soit prête à surpayer pour Melky sont assez bonnes. En guide de consolation, les Blue Jays pourraient se voir octroyer un choix de repêchage.

Au niveau des options, celle pour Adam Lind sera sûrement exercée (elle n’est pas chère). Ne serait-ce que pour l’utiliser comme monnaie d’échange, je ne peux pas voir comment les Jays peuvent passer sur cette occasion. Pour ce qui est de Brandon Morrow par contre, à 10 million, il est aussi bon que parti. Sergio Santos également. Il y a aussi Dustin McGowan à 4 million. C’est cher payé pour un releveur pas super fiable. Je pense qu’il est parti également.

Les besoins pour les Jays sont pratiquement les mêmes la saison prochaine que pour 2014, ce qui est un peu déprimant. Il n’y a toujours pas de solution au 2e but (Maicer Izturis est dû pour revenir au jeu, mais c’est un réserviste, pas un partant). Pourrait-on voir Lawrie au 2e? Oui, si les Jays peuvent trouver un bon deal au 3e but. L’équipe a aussi besoin d’un bon bâton au poste de frappeur désigné pour seconder Adam Lind contre les lanceurs gauchers, ou pour le remplacer complétement si Lind est échangé. Le système d’alternance utilise deux positions sur le banc pour en remplir une sur le terrain, et ce n’est pas une façon efficace de bâtir une équipe. De ce point de vue, je suis sûr qu’Alex Anthopoulos va chercher une solution. Et il y a deux positions au champ extérieur à combler : une au centre et l’autre à gauche. Si Cabrera revient, en voilà une. Au centre, ni Gose ni Pillar n’est suffisamment bon frappeur pour être partant. Ils pourraient l’être en alternance, mais ce n’est pas efficace. L’un d’eux peut être réserviste, mais qui sera partant? Il est un peu tôt pour Pompey malgré que ce ne soit pas impossible. Sinon, faudra aller en chercher un ailleurs. Le marché des joueurs autonomes n’est pas très peuplé. Ce sera difficile. Peut-être un échange…

Au niveau des entraîneurs, il y aura un changement pour sûr puisque l’instructeur de l’enclos des releveurs s’est vu montrer la porte. Difficile de lui attribuer les déboires de la relève en 2014, mais il y a bien les cas de Sergio Santos et de Steve Delabar qu’on pourrait citer en exemple (de héros à zéro dans le temps de le dire), et le fait que Jeremy Jeffress et Esmil Rogers ont bien fait sous d’autres cieux après leur passage médiocre en début de saison chez les Jays. On souhaite au prochain gars une meilleure chance.

Nous devrions voir du mouvement dès novembre. On se reparle rendu là. Bonne série mondiale!

En rampant vers la sortie

Jose Reyes

Jose Reyes

Bien que mathématiquement il reste des chances, celle-ci sont minimes de voir les Blue Jays racheter leur saison et se qualifier pour le match éliminatoire de la « wild card », et pratiquement nulle de les voir rattraper Baltimore dans le dernier droit. Les Orioles ont déjà entamé le dernier droit. Les Blue Jays ont du mal à négocier les dernières courbes. Hier encore, les Jays ont dû se battre en manches supplémentaires (la quatrième fois de suite), et malgré des matches serrés ces derniers jours, les dieux du baseball ont finalement courroucés les Bleus avec une défaite amère de 11 à 7 en 11 manches. Les Jays ont même accordés sept points aux Red Sox dans cette manche ultime, dont 5 à travers deux circuits contre Sergio Santos, l’un d’eux atterrissant au dernier balcon du stade.

Qu’est-ce qui explique qu’une saison si riche en promesse se termine aussi dramatiquement poche? Un de mes amis a avancé ses hypothèses sur Facebook aujourd’hui, hypothèses que je ne partage pas entièrement, et ses pistes de solutions pour 2015, que je ne partage pas du tout. Sans avoir le bénéfice des commentaires du dit ami, je vais tout de même élaborer sur ces deux questions pour votre divertissement (à défaut d’autre chose).

D’abord, les grandes lignes de faute de 2014 :

L’effondrement de la relève : Voici un thème que les Tigers de Détroit pourraient partager avec vous tous puisque ça été leur plaie pour les trois dernières saisons au moins, mais pour les Bleus, si vous vous souvenez bien, l’enclos devait être la force de l’équipe. Il y avait des doutes sur la rotation des partants, avec le cinquième partant désigné en toute fin de camp suite à la mystérieuse blessure de J.A. Happ et aux déboires des autres prétendants, Esmil Rogers et Todd Redmond. Dustin McGowan a pris le dernier poste, et ça n’a pas été couronné de succès. Il y a eu quelques flashes de brillance, un aperçu du glorieux McGowan du passé, mais l’usure des blessures répétées et du diabête ont eu raison de son endurance. Alors il est retourné dans un enclos qui, à ce stade-là de la saison, avait cruellement besoin de lui. Plusieurs matches ont été échappés en avril et tôt en mai à cause d’une relève chancelante.

Rogers a continué d’éprouver des problèmes en sortie de camp, et ni Sergio Santos ni Steve Delabar avaient l’air de leur personnage régulier. On avait aussi conservé Jeremy Jeffress dans l’enclos malgré un camp chancelant puisqu’il ne lui restait pas d’option, bannissant entre autres l’excellent Neil Wagner, Chad Jenkins et John Stilson à Buffalo. Jenkins a trouvé son chemin jusqu’à Toronto plusieurs fois, mais Stilson et Wagner n’en ont pas eu la chance, affectés par les blessures. À terme, Jeffress, puis Rogers seraient retiré de la formation torontoise de façon définitive, alors que Santos iraient faire un séjour prolongé à Buffalo. Santos, qui venait tout juste d’en revenir, a repris le chemin du Triple-A après la dégelée d’hier. J’ai l’impression qu’on ne le reverra plus, non seulement cette saison mais pour les prochaines.

Il y a bien eu Brett Cecil et Aaron Loup qui ont tiré leur épingle du jeu (et Janssen après une blessure tôt cette saison), mais leur sur-utilisation a tôt fait de leur coûter en performance. Je veux donner une mention spéciale à Todd Redmond qui a pris l’assignation de la longue relève et s’en est très bien tiré, si bien qu’il a été promu à un rôle plus important à mesure que la saison avançait. La relève s’est replacée tard en mai et n’a pas été si mal durant juin ou juillet (il y avait un peu de « tout ou rien » dans leur performance, un peu à l’image du reste il faut dire), mais le gâteau a tombé de nouveau en août. Mention honorable à Aaron Sanchez qui a bien fait depuis son rappel. Il a montré beaucoup d’aplomb malgré son manque d’expérience.

Les blessures et leur collection de remplaçants : Il est toujours difficile de s’épancher sur le rôle des blessures sur les fortunes d’une équipe de baseball puisque, la saison étant si longue, toutes les équipes s’en trouvent affectées à des degrés divers. Il y a donc une emphase sur la profondeur d’une équipe pour traverser ces moments difficiles. Les geais n’ont pas été très affectés par les blessures tôt cette saison, à part pour le départ hâtif de Maicer Izturis qui semblait promis à une bonne saison avec un départ canon. Ça n’a pas dûré longtemps, une blessure au genou subie en trébuchant dans les escaliers menant à l’abri des joueurs mettant prématurément fin à sa saison en avril. Aussi absent pour une bonne partie d’avril, Jose Reyes, qui a pris le chemin de la liste des blessés après une seule présence au bâton.

Malgré tout, les Blue Jays s’en sont sortis pas mal avec Jonathan Diaz et Ryan Goins, ne produisant pas au bâton mais donnant une excellente performance défensive. Diaz et Goins se sont bientôt retrouvés tous les deux à Buffalo à cause de leur bâton anémique, remplacés par Steve Tolleson, Munenori Kawasaki et Chris Getz. Getz n’est plus de l’alignement (et même du baseball, puisqu’il a annoncé sa retraite plutôt que d’atterrir à Buffalo), Kawasaki a surpris par un bon élan de bâton (pas beaucoup de puissance, mais beaucoup d’opportunisme, et de bonnes présences dans l’ensemble forçant les lanceurs adverses à lui présenter plusieurs offrandes) et Tolleson joue bien sa part d’un système d’alternance en affrontant les lanceurs gauchers, sans plus.

Ce qui a fait très mal, ce sont les blessures successives à Brett Lawrie, Adam Lind, Edwin Encarnacion et Jose Bautista. Pour ce dernier, l’absence a été courte, mais pour les autres, il a fallu attendre plusieurs semaines pour revoir des joueurs revenir au jeu diminués par leur blessure supposée guérie. Rares sont les équipes qui peuvent vraiment aspirer au succès lorsque le cœur de leur alignement au bâton est écarté pour une période significative. Ce qui a fait mal ici, c’est que tout le monde est parti en même temps (c’est arrivé en juin lors de leur visite à Cincinnati). Les Jays sont demeurés dans la course longtemps tout de même grâce à de bons efforts en remplacement et un mois de mai exceptionnel où, à un moment donné, ils avaient 14 victoires de plus que de défaites. Aujourd’hui, les Jays ont une fiche de .500, la première fois depuis mai, d’ailleurs.

Ce qui a été surprenant : Jugé le maillon faible en début de saison, la rotation partante a très bien performée dans l’ensemble, surtout à partir de la mi-mai et en juin. En juin et juillet, forts de la présence d’un J.A. Happ méconnaissable, d’un Hutchison souvent dominant, parfois abominablement pourri, d’un Buehrle fidèle à lui-même et d’une entrée réussie de Stroman, les Jays ont posté de bonnes performances de lanceurs malgré des bâtons d’un froid sibérien.

L’expérience Juan Francisco a été une bonne surprise en première moitié de saison. Ayant perdu son poste à Milwaukee, Francisco s’est présenté à Toronto un nouvel homme, limitant ses retraits au bâton et enregistrant des buts sur balles et plusieurs longues balles. Puis est arrivé juillet et il s’est souvenu de son nom, s’est remis à s’élancer sur des balles courbes basses à l’extérieur qu’il n’a jamais été capable de frapper de son vivant, et même sa défensive moyenne a glissé à un niveau passable à médiocre. Sa moyenne au bâton est de ,133 en août (elle était en deça de la marque du ,100 avant le match d’hier). Ayoye.

L’arrivée de Stroman et de Sanchez a été très impressionnante. Après un passage éprouvant dans l’enclos, Stroman a ébloui comme partant dans les majeures et fait taire ses détracteurs qui le croyaient pas assez grand pour avoir du succès dans les majeures. Sanchez s’est lui aussi retrouvé dans l’enclos après une excellente saison dans les mineures comme partant. Dans son cas, le placer dans l’enclos était une façon de limiter le nombre de manches qu’il doit lancer en 2014 mais quand même lui donner un goût de ce qui l’attendait dans les majeures. Mission accomplie avec brio jusqu’à date.

Quoi faire pour 2015?

Renforcer les acteurs de soutien autour du noyau. Ce que j’entends par là, c’est de remplacer où remplacement doit être fait et ajuster la formation, à l’opposé de ce que plusieurs amateurs exigent, soit l’éclatement de l’équipe et pour la rebâtir sur de nouvelles assises. Cette dernière solution serait une grave erreur. Les deux meilleures aubaines des majeures, Bautista et Encarnacion, sont toujours sous contrat à des prix d’amis pour deux autres saisons, des joueurs irremplaçables surtout à ce prix-là (Bautista, à titre d’exemple, empochera $14 millions par saison en 2015 et 2016, une pitance à comparer aux autres joueurs de son calibre dans les majeures). Les fruits des efforts au repêchage du directeur-gérant Alex Anthopoulos commencent tout juste à donner. Les Blue Jays pourraient avoir une rotation à majorité développée à l’interne : Marcus Stroman, Drew Hutchison, Aaron Sanchez, Daniel Norris, Sean Nolin. Certains bâtons commencent également à tonner, malgré que ceux-ci vont probablement commencer à se présenter en 2016 ou 2017, ce qui sera à temps pour prendre le relève des vedettes déjà en poste.

J’aimerais voir un vrai joueur de 2e but et un bon bâton contre les frappeurs gauchers pour seconder Adam Lind au poste de frappeur désigné. J’envisagerais le départ de Dickey ou Buehrle (surtout ce dernier) pour donner plus de flexibilité budgétaire à l’équipe. Je resignerais Melky Cabrera (qui lui aussi devient agent libre en fin de saison) avec l’argent libéré par cette transaction (et par le départ de Rasmus, agent libre et Brendan Morrow, qui ne sera plus sur les livres en fin de saison et que je serais surpris de voir revenir l’an prochain à moins que ce soit avec un contrat truffé de bonifications pour qu’il puisse rebâtir sa valeur, s’il en reste). Dans un monde idéal, Jose Reyes glisse au deuxième but puisqu’il n’a plus la portée d’antan à l’arrêt-court – je le remplacerais là par Ryan Goins. Il serait étonnant que Reyes consente à un tel changement, mais ce n’est pas grave. D’autres équipes ont gagné des championnats avec un arrêt-court à la portée limitée mais qui avait un bon bâton (voir : Yankees de New York et Derek Jeter). Et je garderais Gibbons comme gérant, mais je remplacerais Rivera comme instructeur au 3e but.

J’ai du mal à comprendre toutes les réclamations des amateurs (pas tous, mais il y a une majorité assez bruyante) pour le départ de John Gibbons. C’est croire en la force magique d’un coach à gagner avec un alignement aléatoire de joueurs. Même les meilleurs n’y parviennent pas : Felipe Alou, Joe Maddon, Jim Leyland, et j’en passe. Gibbons a tiré de bonnes performances de joueurs plutôt passables, comme Francisco et Tolleson, en les plaçant dans la meilleure situation possible pour qu’ils réussissent (dans ces deux cas, en les utilisant dans des systèmes d’alternance, le premier contre les lanceurs droitiers, le deuxième contre les gauchers). Il a aussi très bien géré son enclos malgré les différentes difficultés que plusieurs releveurs ont éprouvées. Il n’abuse pas de stratégie et joue selon les forces de ses troupes. Il a adapté le style de jeu lorsque les frappeurs de puissance étaient blessés et a enregistré de bons résultats de cette façon en deuxième moitié de juillet. Mais un gérant ne peut pas faire de miracle. Tout ce qu’on lui demande est de ne pas perdre de match à travers des erreurs qu’ils pourraient commettre. Pensez-y fort. Vous ne serez pas capable d’en citer plusieurs.

L’opportunité de bien faire et d’accéder aux séries d’après-saison pour les Jays est là pour 2015. J’y crois fermement. Il reste à espérer que Alex Anthopoulos ne sera pas enfermé dans un carcan budgétaire trop restreint comme il semble que c’était le cas cette saison. Ceci dit, je vous rappelle que les Jays avaient une masse salariale parmi les plus hautes de la ligue, et une des plus hautes de leur histoire. Il est dommage que ce que plusieurs voyaient comme le dernier pas pour fortifier l’équipe, surtout dans le but d’ajouter un autre partant, n’ait pas été pris. L’organisation est tout de même dans une excellente position pour 2015 et après avec une nouvelle fournée de recrues prometteuses dans ses filiales. Il reste à espérer que les Bleus finiront cette saison avec un peu de panache, et de voir une détermination renouvelée pour l’été prochain.

Éclipses

Edwin Encarnacion

Edwin Encarnacion

Éclipses. C’est une saison qui en a connu plusieurs. Si vous trouvez que ça commence par ce site, où je n’ai pas écrit depuis près d’un mois, vous avez bien raison. Mon horaire m’a tenu à l’écart du clavier, et quand ce n’était pas l’horaire elle-même, il s’agissait de vacances. Question de décrocher complétement, j’ai laissé Double Jeu de côté quelques semaines. Mais pas le baseball lui-même.

Suite à un mois de mai enflammé, les choses se sont tassées en juin. Il y a eu un ralentissement dans la première moitié du mois, puis est venu une des éclipses du titre : en succession rapide, Brett Lawrie, Edwin Encarnacion et Adam Lind ont atterri sur la liste des joueurs blessés, de même que Jose Bautista et Colby Rasmus. Pour ces derniers, le séjour a été assez court, mais Lawrie était à l’écart pour 4 à 6 semaines, même chose pour Lind, et l’absence d’Edwin était pour une durée indéterminée. Cette cavalcade de malchance a ralenti d’autant plus le rythme des Jays qui ont rampé jusqu’à la pause du match des étoiles, montrant tout de même beaucoup de potentiel avec des performances plus que moyenne de la part de leurs lanceurs partants. Il ne manquait vraiment que les bâtons, surtout contre les lanceurs gauchers.

Entre en scène les remplaçants, trop peu nombreux au goût de plusieurs qui auraient préféré que le directeur-gérant Alex Anthopoulos complète certains échanges pour aider l’équipe. L’histoire officielle veut qu’il n’ait pas trouvé d’ententes satisfaisantes de son point de vue, les exigences des autres équipes étant trop élevées compte-tenu de ce qui était offert en retour. Il faut quand même donner un peu de crédit à Anthopoulos; il est allé chercher du renfort comme il a pu en contrôlant ses coûts. D’abord, notons Juan Francisco, un joueur ramassé au ballotage qui s’en est très bien tiré chez les Bleus tôt lors de son séjour (peut-être un peu moins dernièrement, surtout lorsqu’il part à la pêche aux balles cassantes qu’il n’est pas vraiment très bon à frapper). Le gérant John Gibbons a su comment en tirer le meilleur rendement, l’insérant dans un système d’alternance pour le protéger contre les lanceurs gauchers. Cette faiblesse par rapport aux gauchers a aussi motivé Alex à aller chercher Cole Gillespie puis Nolan Reimold, tous les deux au ballotage, et ensuite Danny Valencia aux Royals de Kansas City en échange d’Eric Kratz et Liam Hendricks.

Les bâtons sont partiellement revenus, mais les Jays ont également exploité d’autres facettes de leur offensive qu’ils n’avaient pas vraiment développées. Il a fallu aller au-delà de la dépendance à la longue balle pour aligner plusieurs coup sûrs d’affilée ou « manufacturer » des points à l’aide d’amortis sacrifices, coups filés et buts volés. Depuis la pause du match des étoiles, les Jays s’en tirent assez bien malgré une raclée ici et là et parfois un manque d’intensité navrant, comme lorsqu’ils ont laissé aller trois des quatre matchs les opposants aux Astros de Houston, une des pires équipes de la ligue. Il n’est pas rare qu’une équipe s’ajuste au niveau de compétition, réel ou perçu, de son adversaire, et c’était triste à voir. Ceci dit, les Astros ont bien lancé lors de cette série, alors je ne veux rien leur enlever.

Oh joie, Adam Lind devrait revenir de sa blessure au pied ce soir, alors qu’Edwin devrait revenir d’ici la fin de la semaine. Pour ce qui est de Lawrie, il est revenu pour une moitié de match, puis s’est re-blessé et est de retour sur la liste des blessés, possiblement jusqu’à la fin septembre. Il faut voir ces retours et l’apparente inaction des Jays à la date limite des échanges dans le même cadre. Si Alex sait qu’il a trois joueurs étoiles sur le point de revenir (je compte Lawrie ici – à la fin juillet, il était sur le point de revenir et nul ne croyait qu’il se blesserait de nouveau en dedans d’une heure), la pression est moins forte d’essayer de signer quelqu’un à tout prix. De plus, les lanceurs partants montraient de belles choses, avec la renaissance de J.A. Happ (j’ai encore du mal à y croire, mais il accumule les bonnes sorties depuis plusieurs semaines) et l’émergence de Marcus Stroman en tête de liste. Pourquoi alors risquer des pièces importantes du futur du club (comme Aaron Sanchez ou Dan Norris) pour un joueur en location (i.e. juste là pour finir la saison puis devenant agent libre en novembre)?

Les Blue Jays sont au cœur de la course aux séries, poursuivant les Orioles en tête de leur division et tentant au minimum de se maintenir comme « wild card » d’ici la fin. On se réserve encore 6-7 semaines excitantes avant les séries. Est-ce que les Orioles vont réellement maintenir ce rythme effréné? D’où est-ce que ça vient cette poussée incroyable depuis trois semaines? En partie, on peut sûrement pointer Davis du doigt, lui qui a connu une saison décevante jusqu’à maintenant mais qui s’est remis à frapper dernièrement, et possiblement le receveur Joseph qui fait un travail admirable en l’absence du partant Wieters. Je suis impressionné (et dubitatif – j’ai du mal à y croire quotidiennement). Puis il y a les Yankees qui refusent de mourir, mais ils alignent comme partants les remplaçants des remplaçants. Ils n’ont plus droit à l’erreur puisqu’ils n’ont plus de profondeur. Combien de temps peuvent-ils demeurer en équilibre sur leur corde raide?

Adam Lind à l’écart de 6 à 8 semaines

Adam Lind

Adam Lind

Étant très occupé ces derniers temps, je m’étais dit qu’au lieu de faire une entrée pour résumer le mois de juin des Jays je ferais une entrée pour faire le point à la pause de match des étoiles. Les dernières nouvelles m’ont forcé à réévaluer mon plan.

Ce matin, on a appris que le premier but et frappeur désigné Adam Lind manquerait de 6 à 8 semaines à cause d’une fracture à un orteil. Il a subit cette blessure il y a presqu’un mois maintenant lorsqu’il s’est frappé une balle fausse sur son pied droit à Baltimore. Il a manqué quelques matchs et on croyait qu’il souffrait simplement d’une ecchymose (un examen au rayon X n’ayant montré aucune fracture), mais sa situation ne s’améliorait pas et il a demandé à l’équipe de passer de nouveaux examens en partie sur le conseil de sa mère. Une imagerie par rayonnance magnétique (MRI) a montré une fissure capillaire dans un de ses orteils. Il ira consulter un autre médecin à Charlotte en Caroline du Nord pour une seconde opinion, et vraisemblablement pour lui mettre une botte qui immobilisera son pied pour favoriser sa guérison.

On s’entend pour dire qu’il n’y a jamais de moment propice ou opportun pour perdre un joueur en raison d’une blessure (du moins, pas un joueur de sa propre équipe), mais celle de Lind arrive au moment où Encarnacion (élongation du quadriceps droit) et Lawrie (fracture de la main) sont déjà sur le carreau, et Bautista et Reyes jouent malgré des blessures mineures. Les Jays ont du mal à générer de l’offensive depuis un mois, et d’une position de puissance où l’on croyait que l’addition d’un lanceur ou d’un joueur d’avant-champ pour couvrir le deuxième but serait suffisante pour demeurer aux premiers rangs, les voilà assaillis par les blessures et en perte de vitesse. Du sommet du 6 juin où ils avaient 14 victoires de plus que de défaites, l’écart n’est maintenant que de trois victoires.

Mais voilà, la division est de l’Américaine est si bizarre cette année qu’il ne semble que personne n’est capable de prendre ses jambes à son cou et s’éloigner de ses poursuivants même lorsque ceux-ci tombent en panne. Les Orioles sont en avant malgré des performances en dents de scie, les Yankees étaient largement portés par Masahiro Tanaka et Carlos Beltran, mais le premier a été placé sur la liste des blessés hier, rejoignant Beltran qui y était déjà (ajouté le jour précédent après s’être frappé une balle fausse au visage lors d’une pratique au bâton), et les Rays tentent une remontée. Il n’y a que les Red Sox qui semblent complétement dysfonctionnels, mais eux non plus ne sont pas si loin de la tête de la division.

Le directeur-gérant Alex Anthopoulos n’a fait jusqu’ici que des ajustements mineurs et ajouté des joueurs repêchés au ballotage comme solution temporaire (Cole Gillespie) ou possiblement à long terme (Nolan Reimold). Comble de malchance, Gillespie a aggravé une blessure précédente et s’est rapidement retrouvé sur la liste des blessés. Il reste Reimold, qui a un début intéressant avec les Jays, à montrer ce qu’il peut faire, lui qui revient de blessures au tendon d’achille et au cou, cette dernière requérant deux interventions chirurgicales risquées. D’ailleurs, celles-ci s’apparentent à celles que le quart-arrière Peyton Manning a subies. Pour ce dernier, ça lui a réussi. Espérons lae même résultat pour Reimold. Si ça marche, ce pourrait être un coup de génie puisque Reimold était un joueur exceptionnel avant ses blessures. Reviendra-t-il à ses anciennes performances?

Je pense qu’on peut s’entendre sur le fait que les lanceurs des Jays ont nettement mieux fait que ce qu’on s’attendait, surtout dans le cas de J.A. Happ et Hutchison. Pour ce dernier, pour être franc, je ne suis pas si surpris puisqu’il était bon lors de son premier rappel dans les majeures. Pour Happ, j’ai du mal à faire confiance à ce que je vois. J’ai le sentiment (justifié ou non) de regarder un château de carte voisin d’une tornade; à n’importe lequel moment, on risque d’assister à une tragédie ou un miracle. Happ a enfilé, de mon point de vue, plusieurs miracles de suite. Me voilà très, très surpris.

Les lanceurs des Jays ces derniers temps lancent bien, mais ne sont pas aidés par l’offensive ni la défensive. En offensive, on a assisté à une lente dérive où plusieurs joueurs sont sortis de leur discipline et se sont mis à pourchasser des balles en dehors de la zone des prises, un de ceux-là revenant à de vieilles habitudes qui lui ont coûté son poste chez les Brewers, Juan Francisco. Soit qu’ils croyaient qu’ils pouvaient frapper n’importe quoi (après un mois de mai pareil, on peut comprendre), ou plus tard lorsqu’ils poussaient trop fort pour rétablir leur poussée gagnante, les Bautista, Encarnacion et compagnie ont vu leur performance au bâton chuter dramatiquement. De plus, il semble que la kriptonite des frappeurs des Bleus est le lanceur gaucher, qu’ils semblent incapables de frapper. En défensive, certains joueurs ont fait preuve de nonchalance ou d’inattention. Je pense surtout à Reyes qui est capable du meilleur ou du pire. Apparemment, il a un malaise à l’épaule qui explique en partie ses contre-performances.

Ceci étant dit, c’est long une saison de baseball, et les Jays en sont toujours à seulement trois matchs de la tête de la division. Un retour à la formule initiale (discipline, effort, opportunisme) pourrait les remettre sur le droit chemin. Ils sont toujours dans la course. Il faut qu’ils remettent leur tête là où ça compte.

Mai: 21-9

Edwin Encarnacion

Edwin Encarnacion

Le mois a commencé dans la morosité, les Jays ayant du mal à fermer leurs matchs à cause d’un enclos des releveurs qui en arrachait. La tendance avait débuté fin avril, et s’est poursuivie contre les Pirates chez eux en tout début de mai. Les Jays ont d’abord dû couper Jeremy Jeffress de l’alignement, puis enlever Sergio Santos du rôle de « closer » intérimaire en attendant le retour de Jannsen qui avait débuté la saison sur la liste des blessés. On a même promu et placé dans l’enclos le recrue Marcus Stroman. Son expérience comme releveur dans les majeures ne s’est pas bien déroulée. Stroman a six lancers et avait bien du mal à s’adapter à un rôle qui n’en demande pas tant (plusieurs releveurs s’en sorte avec trois, voire deux bons lancers, ce qui est généralement suffisant pour survivre un cycle complet de frappeurs adverses). Même le jadis prolifique Esmil Rogers a été retourné à Buffalo en fin de mois après plusieurs contre performance plus tôt en mai.

Les Jays avaient déjà réveillé leur offensive le mois précédent, mais il manquait toujours Edwin Encarnacion, qui connaissait un départ assez lent. Son mois de mai a marqué une violente transition, Encarnacion se transformant en canon, punissant chaque erreur des lanceurs adverses par un circuit ou un double (sa fiche : .281/.369/.763). Edwin a frappé 16 circuits en mai (contre deux en avril), un sommet historique dans les majeures qui l’a placé à égalité avec nul autre que Mickey Mantle pour le plus de circuits frappés en mai, derrière Barry Bonds qui en a 17. Le record de l’Américaine pour un mois est 18 (Rudy York – 1937), et toutes ligues confondues à Sammy Sosa (20 – 1998) durant la saison où il poursuivait activement le titre de meilleur frappeur de circuits pour une saison (on se souviendra qu’il a été battu cette saison-là par Mark McGuire, puis Barry Bonds lors d’une saison subséquente). Edwin a aussi égalé le record de tous les temps pour le nombre de matchs où un joueur a frappé plus d’un circuit avec 5, record qu’il partage avec Harmon Killebrew (Mai 1959) et Albert Belle (Septembre 1995). Personne n’a jamais eu six tels matchs en un mois.

Couplée avec cette puissance accrue au bâton, la stabilisation de la rotation des partants et le retour de Casey Jannsen pour fermer les matchs expliquent ce mois extraordinaire pour les Bleus. La rotation, il faut le dire, a tout de même vue quelques bouleversements majeurs, comme la sortie de Brendan Morrow blessé une nouvelle fois, et celle de Dustin McGowan suite à l’expérience infructueuse de son retour comme partant. Pour Morrow, il s’agit d’une blessure étrange à un doigt (un nerf qui sort de son enveloppe – il sera absent jusqu’en juillet au moins) et pour McGowan la réalisation que son temps de récupération s’allongeait après chaque départ. McGowan, on le sait, souffre du diabète, et avait du mal à garder son niveau d’énergie constant lors de ses sorties. Il a fort bien paru lorsqu’il a commencé à porter une pompe à insuline lors de ses départs, mais son bras mettait du temps à se remettre entre ses départs et il a décidé de retourner à l’enclos avec la bénédiction de l’équipe pour réduire ses risques de blessure. Le retour de Jannsen et McGowan dans l’enclos a vite fait de le stabiliser, de même que les meilleures performances des partants, dont un J.A. Happ surprenant à son retour dans la rotation, et possiblement le lanceur le plus chanceux de l’histoire des Jays en Liam Hendricks, promu de Buffalo pour prendre la relève de McGowan. Hendricks a eu besoin d’une défensive exemplaire derrière lui et de tout l’espace disponible à l’intérieur du Centre Rogers pour contenir les retentissants ballons qu’il octroyait aux frappeurs adverses.

Hendricks a été retourné à Buffalo en faveur de Marcus Stroman qui a ébloui les Royals lors de son premier départ en carrière dans les majeures. Les Jays l’ont beaucoup aidé avec un première manche de 7 points ce jour-là contre une autre recrue effectuant un départ pour Kansas City. À noter également les performances exemplaires de Mark Buehrle, qui a une fiche en date d’aujourd’hui de 10-1 et une MPM de 2,10 (en mai : 5-0 et 2,48). R.A. Dickey a également connu un bon mois (3-1, 3,55), de même que Drew Hutchison (3-1, 3,94). Jannsen, quant à lui, a converti les huit des neuf tentatives de sauvetage qu’on lui a confiées, la neuvième sabotée par une erreur de Jose Reyes en fin de match.

Les Jays ont terminé le mois en tête de la division est de l’Américaine par 2,5 matchs, et ont aujourd’hui un écart de 4 matchs avec leurs plus proches poursuivants, les Yankees de New York. Les Orioles et les Red Sox ne sont toujours pas comptés pour battus, ces derniers alignant sept victoires d’affilée en mai (contre neuf pour les Jays). Il n’y a que les Rays qui en arrachent et qui se cherchent. À New York, le salut passe par Tanaka, puisque les autres lanceurs sont moyens ou blessés. Il n’y en aura pas de facile.

Ailleurs dans l’Américaine, pas vraiment de surprise lorsqu’on trouve les Tigers à la tête de la division centrale, et les Athletics domine une lutte de titans contre les Angels (à 3,5 matchs), les Rangers (6 matchs) et les Mariners (6,5). Les pauvres Astros sont toujours à la traîne, mais connaissent quand même une meilleure saison que l’an dernier.

Dans la Nationale, je ne m’attendais pas à voir Miami si bien faire dans la division est, et ils chauffent les Braves qui ne sont en tête que par deux matchs avec les Nationals (2,5), les Mets (4) et les Phillies (5) près derrière. Je ne voyais pas venir également les Brewers dans la Centrale, en tête par trois sur les Cardinals, ni les décevantes performances des Reds et Pirates qui sont à 7 matchs derrière. Enfin, dans l’Ouest, les lanceurs des Giants les gardent en avant des Dodgers et des Rockies. Je suis surpris, mais je dois admettre que les Giants trouvent toujours un moyen de gagner ces dernières années. J’aurais cru à une domination des Dodgers, mais ceux-ci n’ont pas une bonne fiche à domicile, ce qui fait toute la différence à ce stade-ci.

Nez à nez à nez à nez à nez

R.A. Dickey

R.A. Dickey

La division est de la ligue Américaine, après presque deux mois d’action, présente toujours ses cinq équipes comprises dans un écart de 5 matches. En date d’aujourd’hui, les meneurs (Baltimore) ne sont qu’à un demi-match de leur deux plus proches poursuivants (New York et Toronto). Boston n’est toujours qu’à trois matchs. Il n’y a que les Rays de Tampa Bay, affectés de façon répétitive et quasi terminale, qui commencent peut-être à penser qu’ils ne pourront pas combler l’écart grandissant qu’ils ont avec le groupe de tête.

Les sites Fangraphs et Baseball Prospectus, qui ont tous deux des formules complexes de prédictions, prédisent à ce stade-ci que la division est sera remportée par moins de 90 victoires, chose rare dans le baseball majeur. Fangraphs place les Blue Jays champions avec 84 victoires, alors que BP place les Yankees au sommet avec 82 victoires, une de plus que les Jays. Ça veut aussi dire qu’aucune équipe de l’Est ne figurerait dans la course au meilleur deuxième.

Qu’est-ce que ça veut dire, vraiment? Le nœud de la discussion est la parité des cinq équipes de l’Est. Il y a aussi le fait que les rotations partantes de ces équipes comptent certains lanceurs solides, et plusieurs autres qui se cherchent ou qui ne sont probablement pas sur la carte, rendant toute recherche vaine. Et les blessures… Elles ont été nombreuses parmi les lanceurs de toute la ligue, vraiment, mais chacune des équipes de l’Est a été mordue par le mauvais sort. Par exemple, voici les lanceurs partants de l’Est sur la liste des blessés de 60 jours :
– Brendan Morrow (TOR)
– Matt Moore (TB)
– Steven Wright (BOS)
– Ivan Nova (NYY)
– CC Sabathia (NYY)

Sabathia n’est pas sur la liste des 60 jours, j’en conviens, mais ça regarde mal et il ne devrait pas revenir avant juillet de sa blessure au genou. S’ajoute à ceux-ci Michael Pineda (NYY), Jeremy Hellickson (TB) et Alex Cobb (TB) qui ont tous manqué à l’appel pour plusieurs jours, voire semaines, et on peut comprendre la difficulté pour les équipes de l’Est de se démarquer. Les Orioles ne s’en sortent pas si mal du point de vue des lanceurs, mais dans leur cas ce sont des joueurs-clé à l’attaque qui ont subis des blessures significatives (en termes de temps passé sur la liste des blessés, j’entends), comme Matt Wieters, Chris Davis et Manny Machado.

C’est donc dire que cette course pourrait être décidée par la démarcation d’un seul joueur venant de nulle part qui s’allumerait inopinément ou simplement par un facteur chance (comme le fait d’éviter des blessures aux joueurs-clé pour le reste de la saison, ce qui est très rare). Point de vue « joueur venant de nulle part » pour les Jays, parlerait-on d’un Juan Francisco ou de la promotion possible de Marcus Stroman comme partant dans un avenir rapproché (ne me parlez pas de Liam Hendricks comme étant le joueur venant de nulle part – il joue bien dans le AAA, mais à chaque fois que les Twins, son équipe précédente, l’ont promu dans les majeures, il s’est fait recevoir comme s’il lançait des pratiques au bâton – bien que j’espère qu’il fera très bien s’il est l’élu pour prendre le départ de samedi comme cinquième partant, je ne m’attends pas à grand-chose de positif)? Ou est-ce que Happ continuera de sortir des lapins de sa casquette (une fiche de 3-1 en quatre départs, qui l’eût cru)? Est-ce que la récente addition de Stephen Drew par les Red Sox fera la différence? Steve Pearce à Baltimore?

L’alignement des Blue Jays depuis le début de la saison tient beaucoup des portes tournantes, Anthopoulos détenant le record pour les transactions effectuées depuis le début de la saison (au-delà de 50 – et on entend par transaction chaque rappel ou démotion des mineures, pas seulement les échanges et réclamations au ballotage). Avec l’équipe AAA à Buffalo plutôt qu’à Las Vegas, ces mouvements ont gagné en facilité, n’en demeure pas moins que certains joueurs doivent se sentir comme des yo-yos depuis le début avril (premier entre tous Chad Jenkins, avec mention honorable à Neil Wagner). L’état de flux dans lequel la rotation des partants s’est retrouvée depuis le tout début explique bien des choses. Avec des performances chancelantes venant des positions 4 et 5, les Jays ont continué de garder 8 releveurs dans l’enclos, pénalisant Gibbons avec un banc dégarni qui ne lui offrait que bien peu d’options en fin de match pour des substitutions, surtout lorsqu’il avait besoin d’un coureur pour remplacer un receveur sur les sentiers. Plus encore, Navarro, éprouvant des difficultés pour courir avec des malaises aux jambes, a forcé l’équipe à avoir non pas un mais deux receveurs sur le banc pour l’appuyer.

Malgré tout ça, les Jays sont la seule équipe dans l’Est à avoir marqué plus de points qu’elle n’en a accordé. Les Bleus mènent l’Américaine au chapitre des circuits (63) et des doubles (90) et sont au quatrième rang pour leur moyenne de points marqués par match (4,83, derrière Oakland, Anaheim et Chicago). Pour eux, on le sait, c’est au chapitre des lanceurs qu’ils en ont arraché, où ils sont 11e (sur 15) pour leur moyenne de points mérités (4,37). L’équipe force ses partisans aux extrêmes du point de vue des émotions, tantôt écrasant ses adversaires pour être oblitérée sans relâche le lendemain. Le talent est là, il reste la constance.

Si la situation dans la rotation peut se tasser, les Jays sont bien équipés pour s’enflammer et aligner plusieurs victoires d’affilée. Ceci dit, les quatre prochains adversaires des Jays vont leur donner du fil à retordre. D’abord il y a les A’s d’Oakland, de véritables rouleaux-compresseur par les temps qui courent, puis les Rays, qu’on ne peut jamais vraiment compter comme battus, et ensuite les Royals et les Tigers, deux équipes qui fonctionnent très bien depuis le début de la saison. Ce sera intéressant, et possiblement une journée frustrant, l’autre électrisant. Va falloir s’habituer.

Avril: 12-15

Melky Cabrera

Melky Cabrera

Si la fiche du mois d’avril des Blue Jays devait nous revenir sous forme de bulletin scolaire, on ne serait pas surpris d’y voir une note manuscrite du professeur à l’effet que l’équipe aurait dû faire mieux. C’est moins pire que l’an dernier à pareille date (10-17), mais il y a 4 matchs qui auraient dû être remportés où les Jays ont laissé filer des avances souvent de plusieurs points. L’enclos des releveurs a été sur-sollicité, surtout lors des départs de Brendan Morrow et Dustin McGowan qui peinaient à se rendre jusqu’à la 5e manche, et très rarement se rendaient plus loin que celle-ci. La direction de l’équipe avait tout de même accusé le coup et bâti l’enclos en conséquence, mais rendu à mi-chemin dans le mois d’avril, la philosophie de construction de l’enclos (et de l’alignement partant au grand complet) est devenu progressivement absurde et explique certains de ces revers. Je m’explique.

Les Jays ont un enclos de 8 releveurs, ce qui n’est pas idéal dans la grande majorité des cas. 7 releveurs est la norme dans le baseball moderne, et on a même vu des enclos de 6 releveurs pour appuyer une rotation de partants solide. Les bleus ont débuté la saison avec 8 releveurs pour deux raisons majeures, une bonne et l’autre moins bonne. La bonne raison était d’appuyer McGowan surtout, et également Morrow et Hutchison, pour qui on craignait qu’ils ne puissent pousser très loin dans un match, dans le cas du premier à cause d’un manque de temps de préparation lors du camp d’entraînement, alors que les deux autres revenaient de blessures qui avaient hypothéqué grandement leur saison précédente. La deuxième raison est que les Blue Jays tentaient de s’accrocher à des lanceurs aux talents souvent marginaux qui n’avaient plus d’option, ce qui veut dire qu’une démotion vers le niveau AAA les exposerait au ballotage où la possibilité était forte qu’ils soient réclamés par une autre équipe. C’était le cas de Jeremy Jeffress, Esmil Rogers et Todd Redmond, ces deux derniers pouvant être qualifiés de lanceurs de longue relève. En général, une équipe en comptera un seul dans un enclos de 7 releveurs. En avoir deux comme sauvegarde pour trois lanceurs partants encore chancelants n’était donc pas si mal.

Mais voilà que les contre-performances de Jeffress ont forcé la main de l’équipe à finalement le laisser aller. Il a d’abord été remplacé par Marcus Walden, rappelé en catastrophe lorsque les Jays ont fait l’erreur de ne pas attendre 10 jours afin d’avoir accès aux joueurs sur l’alignement de 40 qui avaient été envoyé aux mineures (et qui n’a pas lancé durant son séjour dans les majeures), puis par le généralement très bon Neil Wagner, qui a été retourné à Buffalo plus tard pour faire une place à J.A. Happ. L’enclos compte également Chad Jenkins dans le moment (en attendant le retour de la liste des blessés de Janssen, je présume) faisant en sorte que 4 des 8 releveurs sont des lanceurs de longue relève. C’est un vice de construction de l’enclos assez flagrant. Vous allez me dire qu’un lanceur est un lanceur, et que ça ne devrait pas faire de différence qu’ils soient de longue ou courte relève. Mais il y en a une.

Un lanceur de courte relève est généralement spécialiste pour un rôle spécifique (closer, set-up, gaucher spécialiste des frappeurs gauchers, etc). Plus crucial encore, ce sont des lanceurs qui fonctionnent à effort maximal pour une durée limitée. Ce que j’entends par là est qu’ils lancent au maximum de ce qu’ils peuvent faire sans économie. Ils n’ont pas à durer plusieurs manches, et ont des lancers très puissants qui détonnent d’avec le régime qu’un partant (ou un lanceur de longue relève) aurait donné aux frappeurs plus tôt dans la partie. Dès lors, un long releveur avec une rapide moins rapide (due à l’économie d’efforts à laquelle les longs releveurs et partants sont habitués) est désavantagé dans des duels tard dans la partie. Et ça donne des situations comme celle où Redmond ou Jenkins octroie un grand chelem dès son arrivée dans la partie, ce qui est arrivé dans deux parties différentes en avril.

Anthopoulos a déclaré en fin de camp qu’il emmènerait la meilleure équipe à Toronto et qu’il ne serait pas influencé par le statut contractuel de ses joueurs lorsqu’il construirait son alignement. Ce n’est pas ce qui est arrivé. La présence de Redmond, Rogers, Jeffress et Moises Sierra dans l’alignement partant en est la preuve lorsqu’on sait que les releveurs Neil Wagner et John Stilson, parmi d’autres, auraient dû être là, et que Sierra n’était pas la meilleure option pour le banc lorsqu’on avait clairement besoin d’un bâton fiable pour remplacer Lind contre les lanceurs gauchers. L’enclos de 8 releveurs a aussi pour effet de raccourcir le banc pour le gérant Gibbons qui n’a pas beaucoup d’options pour des substitutions tard dans la partie ou pour donner congé à certains réguliers. On a aussi toléré longtemps les performances anémiques de Sierra pour ne pas le perdre au ballotage.

La fin du mois a marqué une amorce de virage avec la désignation pour assignation de Moises Sierra, qui retournera à Buffalo s’il n’est pas réclamé au ballotage. Ce serait dommage de le perdre compte-tenu de ses performances durant son rappel l’an dernier, mais il ne frappait même pas pour .100 depuis le début de la saison, et il fallait agir. De même, les Jays ont aussi épuisé leur patience avec Ryan Goins et l’ont retourné à Buffalo pour qu’il puisse réaffuter son bâton, ce qui n’est pas acquis, lui qui n’en a jamais eu un très aiguisé. Il va rester à faire un ménage dans l’enclos soit par échange ou par désignation avant qu’il ne soit trop tard et que l’écart ne se creuse dans la division est de l’Américaine. La situation est particulière cette saison avec un départ assez lents pour tous les acteurs de la division, les Yankees devant avec une fiche de 15-11 et seulement 4 matchs séparant les premiers des derniers.

Tout ça pour dire que la fiche des Jays auraient dû être 16-11. Il y a tout de même plusieurs performances à souligner à l’offensive et une de la part d’un lanceur qui en a surpris plusieurs. D’abord ce dernier, Mark Buehrle, qui est sorti du mois avec une fiche de 4 victoires et une défaite et une MPM de 2,16. Il a fait office de grand stabilisateur alors que le reste de la rotation en arrachait à des moments divers (Dickey a eu 2 bons départs, un passable et deux particulièrement mauvais, et Morrow et McGowan ont eu des performances en dents de scie). Il n’y a que Drew Hutchison qui a fait preuve d’une certaine constance, et une bonne d’ailleurs, avec une fiche de 1-2 et une MPM de 3,82. À l’attaque, Bautista a retrouvé son œil au bâton et a fait preuve d’une patience qui l’a récompensé avec une moyenne de présence sur les sentiers de .467. Melky Cabrera est rétabli de ses douleurs au dos de l’an dernier et a un départ canon avec une moyenne de .342 et 41 coups sûrs, un record d’équipe pour le mois d’avril. Et que dire de nos deux receveurs, Navarro figurant dans le top 10 des frappeurs de la ligue avec une moyenne de .311 et Thole qui semble avoir retrouvé son élan d’antan (lire : avant sa commotion à New York lorsqu’il évoluait avec les Mets) avec une moyenne de .478 en 23 présences au bâton.

Mai sera exténuant pour les Jays avec seulement une journée de congé, donc 31 matchs en 30 jours. Bien que ce ne soit pas complétement nécessaire (les partants sont habitués à lancer à chaque 5 jours), l’équipe a annoncé que J.A. Happ allait obtenir un départ à Philadephie lundi pour donner un peu de repos au reste de la rotation, et probablement pour faire en sorte qu’il demeure conditionné pour de longue présence et d’autres départs éventuels si un des partants devait avoir des ennuis de santé. Je serai à Pittsburgh pour le weekend. C’est un stade que je n’ai pas visité auparavant. J’ai bien hâte.