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David Price - 4 juillet 2015 contre les Jays

David Price – 4 juillet 2015 contre les Jays

Difficile de blâmer les partisans torontois pour leur incrédulité lorsque la rumeur, rapidement confirmée, de l’arrivée du lanceur partant David Price dans les rangs des Blue Jays a commencé à se répandre dans les médias. Les Jays, temple du « attendez l’an prochain », disciples du « soyons prudents et misons sur nos filiales », avec des proprios qui disent qu’ils n’ont pas d’argent et que les sports ne sont pas rentables mais qui achètent une participation dans les Maple Leafs à grands frais. Bref, on s’attendait à une autre excuse poche. Quelle surprise!

Le directeur-gérant des bleus nous avait déjà surpris plus tôt dans la semaine avec l’ajout de l’arrêt-court étoile Troy Tulowitzki et du releveur LaTroy Hawkins. Ce n’était pas nécessairement ce qu’on s’attendait à voir, ou même ce qu’on avait cruellement besoin, mais c’était quand même tout un coup de filet. Mais Alex Anthopoulos avait une autre carte dans sa manche. Et quelle carte!

Dans l’espace d’une semaine, non seulement Tulo et Hawkins sont arrivés, mais également David Price, le releveur Mark Howe et le voltigeur et voleur de but émérite Ben Revere. En échange, pas moins de 13 jeunes artilleurs ont quitté les rangs des filiales des Blue Jays, et pas les moindres. Tulo a coûté Jeff Hoffman et Miguel Castro, Price pour sa part a nécessité l’échange de Daniel Norris, Matt Boyd et Jairo Labourt. Ces cinq lanceurs en particulier ont beaucoup de potentiel, et bien sûr leurs collégues également à des degrés divers. Mais c’est ce que ça coûte pour avoir des joueurs élites en retour. À quoi bon bâtir un inventaire dans les filiales si ce n’est pas pour l’utiliser en cas de besoin.

Et besoin il y avait. La meilleure attaque des majeures se trouvait quand même hors des séries avec une fiche de ,500. Il fallait stabiliser la rotation et l’enclos parce que les deux se passaient la balle à savoir qui aurait des difficultés à retirer des frappeurs de semaines en semaines. Quand l’un faisait bien, l’autre avait des difficultés. L’ajout de Hawkins et Howe à l’enclos, en plus du retour de Sanchez de la liste des blessés, va grandement aider la situation. Et de voir Price lancer tous les cinq jours va également donner un fier coup de main, lui qui devrait lancer 12 à 13 fois d’ici la fin de la campagne.

Price est une « location », c’est dire que son contrat expire à la fin de la saison. Il est pressenti pour un nouveau contrat gargantuesque. Il ne manquera pas d’équipes pour reculer un camion de la Brinks plein de cash dans son entrée de garage pour l’attirer chez elle l’an prochain. Encore là, ce n’est généralement pas ce que les Blue Jays ont tendance à faire. Ils ont toujours beaucoup de difficultés à convaincre des agents libres de signer chez eux dans les meilleures circonstances. Ont-ils des chances de convaincre Price de rester à Toronto?

Oui. Ils ont deux mois pour lui montrer comment ils traitent leurs joueurs. Les Blue Jays sont généralement bien vus à cet égard. Et ils ont un alignement offensif impressionnant qui est toujours sous contrat pour 2016, et plus (pour ce qui est de Martin et Tulowitzki – Donaldson est aussi sous contrôle pour plusieurs saisons avant d’être éligible à devenir agent libre). Et Price a toujours bien performé ici. Et possiblement que Rogers va réaliser ce qu’ils ont avec les Blue Jays et commencer à les gérer pour gagner, pas juste engranger des revenus et fournir du contenu pas cher pour leurs réseaux de télévision. C’est loin d’être gagné, mais peut-être que Price restera. Mais concentrons-nous sur le présent.

Cette vague d’échange a signalé aux joueurs et aux partisans que la direction mise sur cette saison pour gagner. Ce n’est pas rien. L’an dernier, lorsque l’équipe est demeurée inactive à la date limite des échanges, il s’est trouver plusieurs joueurs, dont Bautista et Casey Jannsen, pour critiquer ouvertement la direction de ne pas croire en eux et de ne pas leur donner les outils pour finir la job. Ils ont rapidement été éclipsés de la course, certains diront de leur propre main. Cette fois-ci, il n’y a plus d’excuse. En fait, oui, il y en a une. Grosse.

Les Blue Jays ont sous-performé pour la première moitié du calendrier. On peut mettre ces contre-performances presque totalement aux pieds des lanceurs de l’organisation, qui ne sont pas aussi terribles qu’il n’y paraît, mais qui ont un sens du mauvais timing assez phénoménal. Les Yankees ont une avance de 5,5 matches aujourd’hui. Avec 55 matches à jouer, ce n’est pas insurmontable, mais ça va être difficile. La bonne nouvelle ici est que Toronto jouera les Yankees 13 fois d’ici la fin de la saison. Pour ce qui est du classement du meilleur deuxième (wild card), les Blue Jays sont en meilleure posture, mais advenant qu’ils se qualifient, il demeure qu’ils auront à jouer une partie sans lendemain pour accéder aux séries. C’est proche d’un coup de dés.

Les deux prochains mois devraient être très intéressants. Déjà, Toronto a profité des renforts pour prendre 3 des 4 matches l’opposant à Kansas City, une des meilleures équipes des majeures à l’heure actuelle. Price a également réussi à tenir les Twins en laisse hier. On se souhaite du baseball à Toronto en octobre. La route pour s’y rendre va être enlevante.

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A propos Patrice Maltais

Originaire du Lac St-Jean et domicilié à Toronto depuis 2000, je suis un fan de baseball toujours en deuil du départ des Expos et co-détenteur de billets de saison pour les Blue Jays depuis plusieurs années. Mes autres domaines d'intérêt sont l'histoire (surtout des États-Unis), l'automobile (mon domaine d'activité professionelle), les films et les livres.

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