Adam Lind part pour Milwaukee, et les Reds iront à Montréal

Adam Lind (source: MLB)

Adam Lind (source: MLB)

Le directeur-gérant Alex Anthopoulos a du travail à faire cet hiver, et il a commencé à brasser des affaires de bonne heure cette saison morte, allant chercher des pièces pour ajouter à la profondeur de l’équipe et se libérant un peu d’espace de manœuvre. Commençons par la profondeur, puisqu’on peut régler ça assez vite.

Anthopoulos est allé chercher le lanceur canadien Jeff Francis et le voltigeur Andy Dirks au ballotage la semaine dernière. Ce sont deux joueurs d’expérience qui n’ont pas beaucoup de valeur au niveau des majeures à ce stade-ci. Disons qu’ils sont limites, et ce sont des options intéressantes si l’équipe doit composer avec beaucoup de blessures. On sait que pour la majorité des troupes de la ligue c’est une réalité avec laquelle il faut composer presqu’à tous les ans. Les Blue Jays ont souvent dû composer avec un manque de profondeur navrant lorsque le sort s’acharnait sur ses réguliers par les années passées alors l’ajout de ces joueurs constitue un effort pour alléger ce problème. Au pire, ce qui n’est pas rien, ça donne de bons éléments à utiliser à Buffalo.

Autre élément de profondeur légèrement bizarre est le retour de Liam Hendricks, échangé tard la saison dernière aux Royals en compagnie d’Erik Kratz pour Danny Valencia. Cette fois, le receveur des mineures Santiago Nessy va à Kansas City et Hendricks retourne à Toronto (ou plus probablement Buffalo). Pour les Jays et Royals, il s’agit là simplement d’une opération de gestion de surplus. Nessy n’allait pas être protégé contre le repêchage de la règle 5 alors il était aussi bon que perdu, et les Royals allaient libérer Hendricks de toute façon. Je ne vous blâmerai pas si vous n’attendez rien de spécial de cet échange (surtout que Hendricks est à court d’option, alors s’il ne fait pas l’équipe en sortie de camp d’entraînement, il retourne au ballotage avant de pouvoir se rendre à Buffalo).

Les Jays ont libéré Sergio Santos, Brandon Morrow et Casey Jannsen et ont fait une offre qualificative à Melky Cabrera. S’ils perdent Cabrera, ils seront donc éligibles à un choix de repêchage. Ceci dit, ils vont essayer de le garder. Les Jays ont aussi exercé les options pour Josh Thole, J.A. Happ et Adam Lind. Dans le cas de ce dernier, l’option n’a été exercée que pour pouvoir l’échanger immédiatement aux Brewers de Milwaukee contre le lanceur Marco Estrada. Estrada est un lanceur plutôt moyen qui a une tendance néfaste, surtout pour un stade de frappeurs comme Milwaukee ou Toronto, à donner beaucoup de ballons. Lorsque ceux-ci sont longs dans des endroits du genre, ça devient des circuits. En ce sens, il a du commun avec Hendricks. Mais il a de bons chiffres périphériques en ce qui a trait aux buts sur balles accordés et retraits sur des prises, et Anthopoulos croit que sa mauvaise saison 2014 ne sera pas garante d’une mauvaise 2015 et que le Centre Rogers n’est pas aussi traître que le Miller Park pour ce qui est de la longue balle. On verra bien.

Plusieurs commentateurs de la première heure étaient déçus du peu de retour reçu pour un excellent frappeur (contre les droitiers seulement) de la trempe de Lind. Il faut regarder Lind comme une autre équipe le regarde. Il est payé 8 millions pour ne frapper que des lanceurs droitiers, jouer un 1er but approximatif en défensive et avoir des malaises récurrents au dos, ce qui est un drapeau rouge géant parce que c’est une blessure pratiquement impossible à guérir ou prévoir. Lind doit voir à son conditionnement physique religieusement, ce qu’on sait qu’il n’aime pas faire. Et puis il y a la barbe absolument horrible qu’il portait cet été. Non, ça n’a pas d’incidence sur sa valeur marchande, mais c’est archi laid quand même. Estrada sera utilisé dans l’enclos des releveurs selon les propos d’Anthopoulos, mais il s’agit là d’une police d’assurance puisqu’il peut également servir de partant (il l’a été à Milwaukee pour une dizaine de matchs la saison dernière avec un succès mitigé). C’est comme acquérir un J.A. Happ à rabais (environ $4 millons pour Estrada contre $6,7 pour Happ). Anthopoulos peut se retourner et échanger Happ (il est dit qu’il y a beaucoup d’intérêt pour lui sur le marché), promouvoir Sanchez ou Norris dans la rotation partante et avoir Estrada prêt à passer la moppe si ce plan s’avère être un échec.

Vous allez me dire que j’ai oublié un joueur, et c’est vrai. C’est exprès, mais il est tout de même important à signaler. Les Jays ont aussi ramassé Justin Smoak au ballotage. Un ancien premier choix des Mariners, on s’attendait à beaucoup de lui. Il a frappé fort dans les mineures, mais a eu un succès approximatif dans les majeures. Smoak a un coup de bâton plus égal contre droitiers et gauchers que Lind, mais il ne frappe pas à un rythme effréné contre les uns ou les autres. Par contre, il frappe beaucoup de longs ballons. À Seattle où les clôtures sont éloignées, ça voulait dire des retraits à répétition (avec un circuit çà et là). Justin s’attend à ce que le Centre Rogers soit plus généreux. Smoak joue au premier but et peut donc remplacer Lind dans le tandem qu’il assurait avec Encarnacion, qui préfère le rôle de frappeur suppléant de toute façon.

Il reste beaucoup de travail à Anthopoulos pour trouver un autre joueur dans le losange, soit au 2e ou au 3e but (Brett Lawrie assurera l’une des deux positions selon le joueur récolté comme agent libre ou par échange). On doit aussi trouver de l’aide au champ extérieur, surtout si on perd Cabrera. Il y a beaucoup de joueurs capables d’assurer un second rôle à ce chapitre chez les Jays actuellement (Gose, Pillar, Mayberry Jr. et Dirks) mais pas de partant (à moins de promouvoir Dalton Pompey dès maintenant au centre, ce qui n’est pas hors de question, mais il est bien tôt pour essayer ça, malgré ce que Gibbons peut en dire). Les prochaines semaines pourraient être intéressantes.

Les Rays à Montréal?

Les Expos ont fait les manchettes encore tout dernièrement, et pas juste à cause de l’annonce d’Evenko à l’effet que les Blue Jays recevront les Reds de Cincinnati en avril prochain dans leur ancien domicile.

Après une saison de misère, les Rays ont fini avec des chiffres d’assistance qui font pitié et ont perdu coup sur coup leur directeur-gérant étoile Andrew Friedman (qui est parti pour diriger les opérations chez les Dodgers, passant d’une équipe parmi les plus pauvres à possiblement l’équipe avec les poches les plus profondes de la ligue avec les Yankees, les Angels et les Rangers) et leur gérant étoile John Maddon (qui ira diriger les Cubs à Chicago). Il n’en fallait pas plus pour que les spéculations sur le déménagement possible de l’équipe à Montréal reprennent de plus belle. D’un côté, La Presse dit que des gens d’affaires de Montréal ont rencontré le proprio des Rays à quelques reprises, alors que ce dernier clame son attachement pour Tampa Bay. La clé est de ne pas lui regarder le nez de trop proche quand il dit ça, au cas où on le verrait s’allonger.

On rappelle que le vieux stade couvert des Rays, situé tout en bas de la pointe de St-Petersburg en direction de Bradenton, est trop loin du centre-ville de Tampa (ou de quiconque, vraiment) pour le rendre facile d’accès. Les transports publics sont déficients et le stade est en bordure d’une autoroute qui mène à un pont toujours très achalandé vers le reste de la côte sud-ouest de la Floride. Tampa veut un nouveau stade financé en partie par le public, mais les différents paliers de gouvernement de l’endroit se sont fait fourvoyer solide par le charmant (sic) Jeffrey Lauria qui s’est fait bâtir une monstruosité à Miami pour ses Marlins, qu’il a vite dépouillé de toutes ses étoiles la minute où le stade a été complété. Les Dolphins ont été les demandeurs d’aide suivants et se sont fait revirer ipso facto. Il n’est pas dit qu’ils n’auront pas d’aide en bout du compte, mais juste là ça regarde mal. Et après ça, il y aura les Rays. Ça ne regarde pas bien.

Ceci dit, les chances que les Rays deviennent les Expos sont bien minces. Il est tout à l’avantage du propriétaire des Rays d’entretenir la possibilité pour s’en servir de levier pour extraire des subventions afin de se faire construire le stade qu’il souhaite. Montréal va servir d’épouvantail jusqu’à ce que ça se produise, n’en déplaise aux amateurs montréalais. Il demeure que c’est une étape obligé d’un retour du baseball à Montréal, comme ça l’a été pour le hockey à Winnipeg. Pour que la menace soit crédible, il faut que le marché qui sert d’épouvantail le soit. Ce n’est pas une méthode agréable de se bâtir une crédibilité comme alternative viable, mais ça marche souvent. Toujours parlant hockey, on assiste au même phénomène avec les Nordiques à Québec, ou pour les marchés de Seattle, Las Vegas et Kansas City (quoique beaucoup moins pour cette dernière ville depuis quelques temps). Il n’est pas dit qu’une ou toutes ces villes verront une équipe de hockey, mais lorsqu’on parle de relocalisation d’équipe, il faut passer par là. Je souhaite à Québec de ramasser une équipe très bientôt. Me semble que ça ferait tellement de sens.

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A propos Patrice Maltais

Originaire du Lac St-Jean et domicilié à Toronto depuis 2000, je suis un fan de baseball toujours en deuil du départ des Expos et co-détenteur de billets de saison pour les Blue Jays depuis plusieurs années. Mes autres domaines d'intérêt sont l'histoire (surtout des États-Unis), l'automobile (mon domaine d'activité professionelle), les films et les livres.

Commentaire

Adam Lind part pour Milwaukee, et les Reds iront à Montréal — 2 commentaires

  1. Avant de partir sur une dérape la saison passée, Delabar semblait être le candidat idéal, mais dans le moment c’est un peu embêtant. Je verrais possiblement Cecil. Il a fait preuve de pas mal de cran lors de plusieurs sorties cette année, mais il a été surutilisé et a frappé un mur à la mi-saison. Il y a des amateurs qui aimeraient voir Sanchez dans ce rôle où il serait effectivement très bon, mais ce serait du gaspillage que de ne pas l’utiliser comme partant. J’aurais peut-être même vu John Stilson mais il s’est blessé au août et s’est fait opéré à l’épaule, et ce n’est pas sûr qu’il sera prêt à revenir au jeu au printemps. Également Neil Wagner, qui lui aussi a été blessé, opéré et libéré par les Jays. Anthopoulos doit ajouter à son enclos durant la saison morte, peut-être ramassera-t-il un closer (mais pas David Robertson, qui va sûrement être trop cher et rester à New York), et pas Papelbon, parce que c’est un crétin.

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